Un jour, j’irai vivre en Théorie parce qu’il paraît qu’en Théorie, tout va bien. (Les mots surpendus)

vendredi 14 octobre 2011

Les produits financiers toxiques bannis du Québec?

Une très bonne idée avant de se faire manger la laine sur le dos.

Lolo

Jean-François Cloutier
Argent

Alors que le mouvements Occupy Wall Street prend de l’ampleur et s’étend à Montréal et Toronto, un député du Parti Québécois soutient que l’Autorité des marchés financiers (AMF) devrait jouer un rôle plus proactif dans l’encadrement de produits financiers complexes mis en vente par de grands financiers de New York et de Londres.
Dans une lettre de soutien aux indignés québécois contre le système financier, le fondateur du Groupe Investissement responsable et député de La Prairie, François Rebello, mentionne que c’est au gendarme québécois des marchés d’affirmer ses prérogatives et de refuser, dans certains cas, la mise en marché d’un produit quand il est mal compris ou jugé dangereux.
Contrairement aux idées reçues, M. Rebello mentionne que le Québec a le pouvoir d’agir en matière de commerce des valeurs mobilières.
«On a des ententes de réciprocité avec les autres organismes réglementaires. Mais il faut s’assurer que leurs critères correspondent aux nôtres», a-t-il dit.
«L’AMF devrait faire l’étude des produits financiers complexes et dire à la SEC par exemple, dans certains cas, ce produit-là n’est pas autorisé pour le Québec», a-t-il souligné.
M. Rebello en a particulièrement contre les swaps de défaillance de crédit (credit default swaps ou CDS), un produit qui permet à des investisseurs de gagner de l’argent lors de faillites d’entreprises. Il ne pense que ce produit devrait être interdit, mais il estime que l’AMF devrait exiger une transparence beaucoup plus grande de la part de ses détenteurs.
Dans le cas de la faillite d’AbitibiBowater, il y en avait pour 500 M$ et des administrateurs de l’entreprise ont peut-être pu en détenir, a suggéré M. Rebello.
«En finance comme dans le sport, on ne devrait pas avoir le droit de parier contre son équipe!» martèle-t-il.
«Quand est venu le temps d’obtenir l’accord des créanciers de Bowater pour obtenir la liquidité pour éviter la faillite, près de la moitié ont refusé», a-t-il expliqué, suggérant qu’ils avaient peut-être intérêt à ce que la faillite se produise parce qu’ils avaient des CDS. Personne n’a jamais pu démontrer la véracité de cette information.
M. Rebello souligne que le papier commercial, qui a fait si mal à la Caisse de dépôt et placement du Québec, aurait pu être bloqué par l’AMF parce qu’il était mal compris et trop complexe.
Joint par Argent, Sylvain Théberge, le porte-parole de l’AMF, a mentionné que le Québec avait été un des premiers États à se doter d’une loi encadrant les produits dérivés, en février 2009. «On le reconnaît, c’était un peu la jungle avant, mais les paramètres juridiques encadrant les produits dérivés ont depuis été renforcés», a-t-il mentionné.
M. Théberge a toutefois reconnu que l’AMF n’avait jamais «bloqué» l’introduction d’un produit dérivé. À sa connaissance, l’AMF n’était jamais intervenue non plus pour demander aux émetteurs de dérivés d’apporter des modifications à leurs produits avant de pouvoir les vendre au Québec.
La Bourse de Montréal est un haut lieu des transactions de produits dérivés dans le monde.
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