Ces évènements nous rappellent que les assassinats et mises à mort
n’ont pas tous la même signification au même titre que les
responsabilités que chacun assume n’ont pas le même impact dans la
société et dans le monde. Nombreux sont ceux et celles qui depuis les
années 1960, en Afrique et en Amérique latine, ont connu des fins
tragiques, voulues et planifiées par d’autres, préoccupés avant tout par
des intérêts politiques, économiques et même religieux. La liste de ces
martyrs serait sans doute trop longue pour les fins de cet article.
Tout de même voici quelques exemples.
Patrice
Lumumba, le premier chef de gouvernement congolais mort le 17 janvier
1961, a été assassiné dans le Katanga après avoir été renversé avec la
complicité des services américains et belges. Ses discours enflammés
contre l’impérialisme et pour l’unité africaine avaient enthousiasmé le
continent. A tel point que son tombeur, le maréchal Mobutu, avait dû le
réhabiliter quelques années plus tard. Le souvenir de Lumumba reste cher
aux yeux de nombreux congolais, même ceux qui ne l’ont pas connu de son
vivant.
Il
y a 44 ans, ce mois-ci, le guérillero argentin Ernesto Che Guevara a
été froidement assassiné le 9 octobre 1968, dans la salle d’une école, à
la Higuera, où il avait été transporté après sa capture par des soldats
de l’armée bolivienne. C’est le soldat Mario Teran qui l’a abattu d’une rafale de mitraillette par ordre de ses supérieurs sous recommandation de la CIA, . Il est celui qui est mort les yeux ouverts. Son idéal peut se résumer ainsi: ‘Dans
la construction d'une société réellement socialiste, il insistera non
seulement sur les changements structurels et économiques à apporter,
mais aussi humains: «Le socialisme n'a pas été conçu (...) pour avoir
de formidables usines seulement, il se fait pour l'Homme intégral».
Pour lui, le socialisme doit instaurer un type d'Homme nouveau,
débarrassé de l'égoïsme et de l'individualisme bourgeois.».
En
1973, c’est au tour de Salvador Allende, victime d’un coup d’état
militaire, un des plus sanglants qu’ait connu l’Amérique latine. Lui
aussi s’était fait l’apôtre d’une société plus juste et d’un État plus
indépendant par rapport aux forces et intérêts de l’Empire. La reprise
en main du contrôle des richesses naturelles du pays, dont le cuivre,
ainsi qu’une meilleure gestion des opérations des multinationales dans
le pays lui valurent d’être placé en première place pour l’exécution
finale. Ce fut le coup d’état militaire du 11 septembre 1973, longuement
préparé par les services secrets étasuniens et les oligarchies
nationales, qui marqua sa dernière heure. Ses derniers mots adressés à
son peuple par les ondes d’une radio disaient ceci : « Travailleurs
de ma patrie : Ayez foi au Chili et à son destin. D’autres hommes
permettront de surmonter ce moment gris et amer, où la trahison prétend
s’imposer. Continuez, sachant que, plus tôt que tard, s’ouvriront les
grandes avenues par où passera l’homme libre, pour construire une
société meilleure. » Bilan de la dictature : 2279 morts et disparus, 27.255 torturés, 150.000 prisonniers politiques.
Le 23 mars 1980, c’est Mgr Oscar Romero qui doit être sentencié par les forces occultes des pouvoirs dominants. Son engagement, comme pasteur et témoin d’évangile, l’a conduit à rejoindre les pauvres, les délaissés, les persécutés du Salvador. Dans son dernier sermon, fort de la liberté que donne l’Esprit, il s’adresse aux militaires présents à la célébration de l’eucharistie et à tous les salvadoriens qui l’écoutent par la radio. «Je fais appel à vous, membres de la garde nationale, soldats, policiers, vous qui faites partie de notre peuple. Ces paysans que vous tuez, ce sont vos propres frères. Tout ordre injustifié d’un homme qui vous demande de tuer est subordonné à la loi de Dieu qui dit « Tu ne tueras pas ». Aucun soldat n’est tenu d’obéir à un ordre immoral, contraire à la loi de Dieu. Il est temps d’obéir à votre conscience. …Au nom de Dieu, au nom du peuple qui souffre et qui crie vers le ciel, je vous implore, je vous supplie, je vous ordonne : cessez la répression. » Le lendemain il était exécuté froidement au moment même où il célébrait l’eucharistie dans la chapelle d’un hôpital.
Ces
jours-ci nous assistons à l’assassinat d’un homme dont nous avons pris
bien garde de mettre en évidence ses véritables engagements en faveur
d’une Afrique plus libre et indépendante. Nous avons très peu parlé,
également, des sommes énormes mises à la disposition des pays de
l’Afrique pour les soutenir dans leurs efforts de développements. Bien
peu savent les conditions de vie exceptionnelle accordées aux Libyens et
Libyennes, les assurant de plus haut niveau de vie de tous les pays
d’Afrique et du M.O. Ce n’est pas pour rien, qu’en juillet dernier, plus
d’un million de Libyens, hommes, femmes, enfants, jeunes et vieux, ont
envahi la place verte de Tripoli pour dénoncer l’intervention de l’OTAN
et affirmer leur soutien au colonel Kadhafi. Tout original qu’il ait
pu être, ses engagements, ceux qui avaient prises sur lui, sont ceux-là
mêmes qui l’ont conduit à résister jusqu’à la mort pour son peuple.
C’est cet homme que je respecte et admire. C’est cette vision d’une
humanité renouvelée et plus respectueuse des droits des peuples et des
personnes que je salue. Sa mort ne vient pas appuyer les erreurs qu’il a
pu commettre, mais les idéaux qu’il a voulu partager. Quoi de mieux
pour la circonstance de visionner ce vidéo montrant Kadhafi en compagnie de Nelson Mandela.
Puisse cet exposé, nous rappeler qu’il y a de ces êtres qui continuent
de livrer des combats pour que l’humanité, dans sa totalité, retrouve
l’air frais de la liberté, de la justice, du respect. Tous ceux, plus
haut mentionnés, auraient pu s’assurer un avenir bien doré en renonçant à
leurs engagements moraux et en acceptant, en échange, des sommes
d’argent venant de la corruption. Ils ne l’ont pas fait et c’est tout à
leur honneur. Ils ont tous en commun le même assassin, ces forces de
domination et de conquête.
Il
en va de même pour Jésus de Nazareth, exécuté par les pouvoirs en place
parce qu’il prêchait l’avènement d’une humanité nouvelle, fondée sur la
vérité, la justice, la solidarité et la compassion.
Nelson Mandela et Colonel Kadhafi par starninja


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