Un jour, j’irai vivre en Théorie parce qu’il paraît qu’en Théorie, tout va bien. (Les mots surpendus)

mercredi 21 décembre 2011

La Chine au bord de l'effondrement ?

Pour l’économiste Paul Krugman, une bulle immobilière et une corruption grandissante laissent présager du pire.
Et le nouveau pays nominé cette année par les économistes pour le meilleur scénario catastrophe est... la Chine! L'éclatement de la zone euro et une profonde récession en Europe ne font (presque) plus peur aux spécialistes. Non, la pire crainte des conjoncturistes, notamment américains, est de voir s'effondrer l'économie chinoise, seul vrai moteur de la croissance mondiale depuis des années.

Le prix Nobel d'économie Paul Krugman pose la question dans sa chronique du New York Times : la Chine va-t-elle craquer ? (sa chronique traduite en français est disponible sur le site de la RTBF). Sa démonstration semble imparable.

Paul Krugman ne s’appuie ni sur les chiffres ("Les chiffres de la Chine sont bien plus fictifs que la plupart des autres"), ni sur les experts ("On ne trouve pas deux experts disant la même chose."), mais sur l’analyse de la situation du pays, qui lui rappelle celle du Japon à la fin des années 80 ou celle des Etats-Unis en 2007.

Pour l’économiste, une bulle immobilière et une corruption grandissante sont les deux gros points noirs de l’économie chinoise aujourd’hui :

Tous les ingrédients d'une bulle spéculative sur le point d'éclater sont réunis avec les conséquences que l'on imagine, des faillites en chaîne et une crise économique et sociale majeure. "Savons-nous vraiment si l'immobilier a créé une bulle ? Il en montre tous les signes : pas seulement des prix à la hausse, mais également cette sorte de fièvre spéculative qui nous semble bien familière - pensons simplement à la côte de la Floride il y a quelques années."

L'agence Bloomberg tire aussi la sonnette d'alarme sur la montagne de dettes accumulée en Chine pour des projets immobiliers pharaoniques qui n'ont aucune chance d'être rentables. Elle souligne que la réalité des chiffres est cachée par les promoteurs, les établissements de crédit et les gouvernements locaux.

Elle chiffre les dettes de 231 organismes chinois de financement locaux à près de 4 000 milliards de yuans, soit plus de 430 milliards d'euros. Or, il existe dans toute la Chine 6 576 établissements de crédit locaux… Les provinces et les villes n'ont plus les moyens de finir leurs gigantesques projets sans obtenir de nouveaux crédits et seront pour certaines en cessation de paiement si leur principale source de revenus, la vente de terrains, ne rapporte plus suffisamment.

De même, l’existence d’un système bancaire parallèle clandestin et non supervisé fragiliserait l’économie : "Si le gouvernement chinois n'est pas contraint par l'Etat de droit, il est contraint par une corruption omniprésente, ce qui veut dire que ce qui se passe réellement au niveau local pourrait ne pas ressembler à ce qui est ordonné à Pékin."

Paul Krugman espère être "inutilement alarmiste" mais, selon lui, "il est impossible de ne pas être inquiet : l'histoire de la Chine ressemble trop aux effondrements que l'on a vus ailleurs."
Lu sur The New York Times
Bulle immobilière | Chine | effondrement Chine | Paul Krugman
Economie | Finance | International
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