Un jour, j’irai vivre en Théorie parce qu’il paraît qu’en Théorie, tout va bien. (Les mots surpendus)

dimanche 20 octobre 2013

Loi 99: Québec défend son droit à l'autodétermination


Le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, Alexandre Cloutier, qualifie d'attaque frontale et sournoise la décision d'Ottawa de contester devant les tribunaux la loi provinciale qui stipule qu'une majorité de « 50 % + 1 » dans un référendum sur la souveraineté du Québec serait suffisante pour enclencher le processus menant à l'indépendance.

La requête a été déposée en toute discrétion, mercredi, alors que tous les yeux étaient tournés vers le discours du Trône. Ottawa a décidé d'intervenir dans ce dossier dans le cadre d'une cause pilotée par Keith Henderson, qui a dirigé le Parti égalité de 1993 à 2003. Elle sera entendue quelque part en 2014.

« Pour le gouvernement du Québec, ça a été une surprise », dit le ministre délégué dimanche, qui pense qu'Ottawa a peut-être pris cette décision pour plaire à sa base conservatrice à l'approche du congrès conservateur à Calgary.

Alexandre Cloutier a déclaré que Québec allait maintenant demander au gouvernement fédéral de préciser sa vision des choses quant au droit à l'autodétermination du Québec. « On va lui demander de jouer à visière lever, de nous présenter son nouveau plan B, de nous dire quelle est sa nouvelle stratégie qu'il a par rapport au mouvement souverainiste ».

Le procureur général du Canada
conteste plusieurs aspects de la loi 99, adoptée par le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard en 2000 en réaction à la « loi sur la clarté » du gouvernement libéral de Jean Chrétien. La requête demande notamment au tribunal d'écarter le passage affirmant qu'un résultat de 50 % plus une voix serait suffisant pour déclarer l'indépendance du Québec.

C'est la première fois que le gouvernement de Stephen Harper s'engage sur le front constitutionnel depuis 2006. Cette année-là, le premier ministre
avait fait adopter une motion reconnaissant que les « Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni ».

Réactions épidermiques à Québec

À l'instar du Parti québéois, les chefs des autres formations politiques représentés à l'Assemblée nationale ont dénoncé la démarche du fédéral sur les réseaux sociaux.

Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, a déclaré samedi que : « l'avenir de notre peuple sera toujours décidé par les Québécoises et les Québécois. »

Son homologue caquiste, François Legault, a également dénoncé une « intrusion du gouvernement fédéral dans le processus démocratique au Québec ».

La coporte-parole de Québec solidaire Françoise David a quant à elle qualifié « d'inaliénable » le droit du peuple québécois à décider de son avenir politique.

Fauteurs de troubles

Pour le Nouveau Parti démocratique (NPD), les conservateurs ont abandonné le Québec et se permettent d'y jouer les fauteurs de troubles. « Ça dit très clairement que les conservateurs ont laissé tomber le Québec depuis longtemps et ça [montre] la faiblesse de la députation conservatrice québécoise au sein du cabinet et au sein de ce parti-là », a estimé le député néo-démocrate Robert Aubin, samedi, à Trois-Rivières.

De son côté, le Bloc québécois dénonce le geste d'Ottawa qui veut « nier encore une fois le droit à l'autodétermination de la nation québécoise ».

Son chef, Daniel Paillé, y voit une contradiction avec la motion du gouvernement canadien adoptée en 2006. « Si on est une nation, comment se fait-il qu'une autre nation, la nation canadienne, va dire à la nation québécoise : ''Vous, vous êtes inférieurs. Si vous décidez par référendum d'obtenir votre souveraineté, comme tous les autres pays aux Nations unies, on n'est pas d'accord.'' Ça, j'appelle ça de la tutelle », a-t-il dit.

Le lieutenant politique de Stephen Harper pour le Québec, Denis Lebel, a défendu son gouvernement de vouloir camoufler quelque chose. Il a affirmé sur les ondes de RDI que ce n'était pas le gouvernement du Canada qui avait choisi la journée de mercredi pour déposer les documents, rappelant que les conservateurs ne gèrent pas l'agenda de la Cour supérieure du Québec.

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, le bureau du premier ministre a ajouté n'avoir « aucune intention de rouvrir le débat constitutionnel ».
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