Depuis
plus de deux mois, les Sargasses envahissent les côtes de Martinique,
et importunent les baigneurs. Si ces
algues jaunes étaient gênantes, elles deviennent carrément
nuisibles. Du nord au sud de l’île, elles commencent à pourrir et
libèrent un gaz qui peut être toxique : l’hydrogène sulfuré. Un
phénomène qui étonne tout le monde.
S’échouant
sur les plages de la Martinique avec les courants, les algues sargasses
rejettent en se décomposant une
odeur d’oeuf pourri particulièrement forte. Par ailleurs, le gaz
émanant des algues est le même qui est incriminé dans l’affaire des
algues vertes en Bretagne. Néanmoins, les émanations en
Martinique seraient nettement inférieures à celles observées sur les
plages bretonnes, de 0 à 3 ppm en Martinique contre plusieurs centaines
de ppm en Bretagne.
Le témoignage des martiniquais est la suivante : « C’est du jamais vu en Martinique ».
Ces
algues proviennent de la haute mer. Elles y vivent sous forme libre et
suivent des courants marins qui les
dirigent actuellement sur les côtes martiniquaises
préférentiellement vers la zone atlantique mais aussi parfois jusque sur
la côte Caraïbe. Ce phénomène, exceptionnel, est la conséquence d’une
nouvelle organisation des courants marins parcourant l’Atlantique
dans l’hémisphère nord.
Mais alors que se passe t-il dans l’océan Atlantique ?
A voir l’animation suivante on peut voir une diminution du Gulf Stream à partir de 2010. Attention animation lourde
à télécharger et conseillée uniquement pour le haut débit :
On pourra faire un comparatif également sur ces 2 cartes suivantes de 2007 et 2011 :
Une
étude récente apporte également des faits sur la modification du Gulf
Stream dans l’Atlantique Nord. Des
biochimistes et océanographes de Suisse, du Canada et des Etats-Unis
ont pu observer que le courant océanique froid du Labrador, qui descend
le long de la côte Ouest des Etats-Unis, avait perdu
de son influence au profit du Gulf Stream, courant chaud qui remonte
vers le Nord. La preuve d’un changement « radical » des courants
atlantiques a pu être trouvée dans des
coraux.
Ce changement a démarré aux « débuts des années 1970″ et « est largement unique ces dernières 1.800
années », écrivent les scientifiques dans le journal de l’Académie Américaine des Sciences (PNAS, en anglais).
Pendant
2.000 ans, le Labrador a été plus fort que le Gulf Stream, insiste
Carsten Schubert, de l’Institut de
recherche de l’eau des Ecoles Polytechniques fédérales (Eawag).
« Maintenant le courant du Sud a pris le dessus, c’est vraiment un
changement radical », a-t-il ajouté.
Pour
parvenir à cette conclusion, les scientifiques se sont penchés sur la
signature isotopique de l’azote des
récifs coralliens, qui se nourrissent de particules organiques
emportées par les courants, en analysant la croissance de leurs anneaux
colorés sur 700 ans.
Car
alors que les eaux du Gulf Stream sont salées et riches en particules
organiques, les eaux arctiques du courant
du Labrador sont pauvres en aliments pour les coraux. Les chercheurs
pensent par ailleurs « qu’il existe un lien direct entre les variations
des courants océaniques dans l’Atlantique Nord et
le réchauffement climatique causé par les activités humaines »,
averti l’Eawag, dans un communiqué.
Ces
courants jouent eux-mêmes un rôle important dans le climat mondial car
ils ont un lien avec l’AMO, oscillation
multidécennale de l’Atlantique. L’AMO est une variation cyclique à
grande échelle du courant atmosphérique et océanique dans l’Atlantique
Nord qui augmente et baisse alternativement la
température de surface de l’océan et qui a des effets sur les
conditions météorologiques en Europe et aux Etats-Unis.
Qu’est ce tout ceci implique ?
En terme de climat et de météorologie, nous avons appris que ce sont des sciences complexes et que rien n’est acquis
à l’avance. On ne peut déduire des certitudes sur l’avenir climatique des 10 à 20 prochaines années.
Cependant
l’histoire climatique du passé nous apprend qu’un changement climatique
brutal en moins de 10 ans est déjà
arrivé par le passé. Dès 2004, un courrier de l’Unesco nous alertait
sur la possibilité d’un changement climatique brutal. Des recherches
datant de 1999 sont édifiantes :
La verte Irlande transformée en désert de glace. Au large des côtes françaises, des phoques du Groenland nagent
entre des morceaux de banquise. Des ours polaires rôdent dans les rues d’Amsterdam…
Telles
sont les images qu’évoquent les toutes dernières recherches sur le
réchauffement de la planète. Vous avez
bien lu: réchauffement de la planète, c’est-à-dire hausse de la
température moyenne à la surface du globe due à la rétention de la
chaleur solaire dans l’atmosphère par la pollution. Pis, les
mêmes recherches suggèrent que ce changement radical de climat en
Europe du Nord pourrait se produire en 10 ans seulement.
Pas
de faute de frappe: il ne manque aucun zéro à ce chiffre. Des
scientifiques ont récemment mis en évidence que le
réchauffement de la planète peut avoir un impact dévastateur en un
temps infiniment plus court que nul ne l’aurait cru possible, qui ne se
compte ni en siècles, ni en décennies mais en années :
ce phénomène brusque est appelé «basculement» climatique. Un éminent
expert vient d’adresser cette mise en garde: certains pays de
l’Atlantique Nord pourraient entrer dans un climat arctique en
10 ans. Autant dire en un clin d’oeil à l’échelle géologique.
A
l’échelle humaine, une telle rapidité de changement climatique est très
probablement insupportable. Une économie,
une agriculture seraient-elles capables de résister à un
bouleversement aussi soudain ? Sahara: nouvelles explications Ce que ces
modèles ont montré, souligne Taylor, c’est que réduire les
émissions polluantes fait gagner du temps – en ralentissant le
rythme du réchauffement de la planète, mais aussi en faisant évoluer le
climat de façon plus lente. Mais, tandis que les
scientifiques s’efforcent de saisir sur leurs superordinateurs
toutes les complexités du climat, d’autres causes de changements
climatiques radicaux commencent à être évoquées.
En
ce même mois de juillet 1999, une équipe de chercheurs des Universités
d’Illinois et du Minnesota annonçait la
découverte d’un autre basculement climatique dans l’hémisphère Nord:
il a temporairement replongé la région dans une période glaciaire il y a
environ 9 000 ans. Travaillant sur des sédiments
lacustres du Minnesota, cette équipe a confirmé l’existence du
refroidissement d’il y a environ 8 200 ans, qu’avaient révélé les
carottes de glace. Mais elle a aussi trouvé la preuve d’une autre
chute des températures il y a 8 300 à 8 900 ans. Elle pense que ce
premier coup de froid est lié au déversement des glaces fondues des lacs
dans l’Atlantique, qui pourrait avoir interrompu le
Tapis roulant.
Les
chercheurs estiment à présent que le second a très probablement une
autre cause – inconnue à ce jour. Une chose
est claire: tant que nous n’en saurons pas davantage sur les
complexités des changements climatiques, toute estimation du temps qu’il
nous reste pour prendre des mesures est exclue. Mais il
ressort toujours plus nettement des données dont nous disposons
qu’il pourrait être infiniment plus court que nous le pensions. «Je
croyais que les changements climatiques étaient lents et ne
m’affecteraient jamais personnellement, avoue Kendrick Taylor.
Aujourd’hui, je sais que notre climat pourrait changer sensiblement de
mon vivant.»
Discussions en cours ICI
sources : http://www.crebsmartinique.org/ / http://www.ecologie.tv/ /

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