Un jour, j’irai vivre en Théorie parce qu’il paraît qu’en Théorie, tout va bien. (Les mots surpendus)

samedi 12 octobre 2013

Le Canada espionne... comme tout le monde.


Brésil | Canada |


ANALYSE - Le Canada s'est fait prendre à espionner le Brésil. Le Centre de la sécurité des télécommunications Canada (CSTC), une agence fédérale méconnue du public, a surveillé les télécommunications du ministère brésilien des Mines et de l'Énergie. Si cette histoire suscite des critiques à Ottawa et à Brasilia, elle ne surprend guère les spécialistes du renseignement. Car le Canada fait ce que font beaucoup d'autres pays: de l'espionnage industriel.

Depuis la fin de la Guerre froide, les systèmes de surveillance des principales puissances servent de plus en plus à récolter des renseignements économiques. Des informations sensibles - parfois des secrets - qui permettent aux entreprises de ces pays de développer de nouvelles technologies ou de damer le pion à des concurrents étrangers pour décrocher de gros contrats. Les États-Unis sont très actifs, et leurs moyens sont gigantesques.

Les révélations d'Edward Snowden sur le dispositif de surveillance Prism en témoignent avec éloquence. Un programme qui permet à la National Security Agency d'intercepter les communications des internautes, avec l'aide des Facebook et autres Google de ce monde. Même s'il a été créé après les attentats du 11 septembre 2001 pour des raisons de sécurité, Prism pourrait aussi servir à faire de l'espionnage industriel, croient certains analystes.

La Chine et la Russie sont également des puissances très actives au niveau de l'espionnage économique, sans parler d'Israël et de la France. En s'appuyant sur des télégrammes diplomatiques américains obtenus par Wikileaks, le journal norvégien Aftenposten affirmait en 2011 que la France était le pays qui espionnait le plus ses alliés européens.

Bien qu'il ne soit pas reconnu comme un acteur de premier plan en matière d'espionnage, le Canada n'est pas non plus un nouveau joueur. Le pays fait partie depuis des décennies du réseau Five Eyes ou réseau Echelon. Outre le Canada, ce réseau comprend quatre autres pays anglo-saxons: les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

À l'origine, leur mission était de surveiller les communications de l'URSS et de ses alliés communistes. Le réseau est toujours géré aujourd'hui par cinq agences de renseignement des pays membres. Aux États-Unis, c'est la NSA. Au Canada, c'est le CSTC, dont le mandat est de recueillir des renseignements à l'étranger et de protéger les communications du gouvernement canadien contre des attaques étrangères.

Même si le premier ministre Stephen Harper s'est dit «très inquiet» de la situation au Brésil, est-il vraiment possible de croire que son gouvernement n'ait pas été au courant des activités du CSTC dans ce pays ou du moins à l'étranger? Plusieurs analystes en doutent. Comme d'autres pays, le Canada a d'importants intérêts économiques, dans un marché mondial de plus en plus concurrentiel, où les entreprises doivent se battre pour décrocher des contrats.

Dans ce contexte, l'information devient le nerf de la «guerre économique». Et, pour un pays, la tentation est forte de la récolter par des moyens peu orthodoxes quand il dispose de la technologie pour le faire, soulignait il y a quelques années Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la sécurité du président américain Jimmy carter: « Quand vous avez la possibilité d'avoir des informations, il est très dur d'imposer des barrières arbitraires à leur acquisition... »

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