Un jour, j’irai vivre en Théorie parce qu’il paraît qu’en Théorie, tout va bien. (Les mots surpendus)

samedi 15 février 2014

Une ex-Femen dénonce les pratiques du mouvement


Une dizaine de militantes féministes ont manifesté seins nus mardi dans la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Une dizaine de militantes féministes ont manifesté seins nus mardi dans la cathédrale Notre-Dame de Paris pour protester contre l'opposition de l'Eglise au mariage homosexuel et célébrer la démission du pape Benoît XVI. / Crédits : AFP/JOEL SAGET

 
Notre société Un an et demi d'activisme et au bout du compte, une énorme désillusion. Une ancienne membre des Femen, qui avait été de l'opération à Notre-Dame de Paris, prépare un livre sur les méthodes du mouvement féministe. Elle s'est confiée au Figaro, sans concession ni regrets, mais avec une certaine déception.
"Déçue, mais pas repentie". C'est ainsi que se présente une ancienne membre des Femen dans un livre en préparation. Pour la première fois, c'est de l'intérieur que vient la critique et non plus "d'infiltrées". Le Figaro a rencontré la jeune Parisienne qui avait participé à l'opération à Notre-Dame de Paris. Et celle-ci ne cache pas sa déception pour un mouvement qu'elle a quitté après un an et demi d'activisme.

Désorganisation, discrimination, lissage de la pensée unique et reconfiguration mentale : celle que le quotidien nomme "Alice" (prénom changé) n'est pas tendre avec les Femen. "On prépare ton esprit de l'intérieur pour l'extérieur", confie-t-elle au Figaro. "Tu n'existes plus en tant qu'individu. Tu ne penses plus par toi-même mais par le groupe, tu ingurgites ce qu'on t'apprend".

"Tu acceptes ce que tu refuses à l'extérieur"
"Un total lâcher-prise" qu'elle n'a pas apprécié. "Répéter encore et toujours les principes fondamentaux(...), il fallait que ça rentre pour qu'à notre tour ça puisse sortir mécaniquement, comme une leçon apprise sur le bout des doigts", explique la jeune femme qui évoque un "endoctrinement" alors que le député UMP Georges Fenech parle "d'un mouvement sectaire" qu'il veut faire dissoudre. "Tu étais venue pour combattre quoi déjà? Ah oui! La soumission des femmes sous couvert de patriarcat", résume Alice.

Et à travers ses propos transparait une énorme déception. "Tu acceptes lentement une soumission que tu refuses à l'extérieur", clame-t-elle, ajoutant que le groupe exige une disponibilité 24h/24, au détriment de sa propre vie. Si elle ne regrette pas son expérience et l'idéologie qu'elle souhaite toujours défendre, Alice reste déçue. Déçue notamment du manque de confiance de la leader Inna Shevchenko et de ses acolytes pour celles qui, comme elle, semblaient considérées comme "de la chair à canon".
Celles que les dirigeantes pouvaient appeler dans la seconde et les ignorer l'heure d'après. Celles, qui comme elle, ont souvent appris dans la presse qu'une action avait eu lieu sans que les Femen ne trouvent utile ou intéressant de les en avertir au préalable. Autant de raisons qui pour cette ancienne "sextrémiste" conduiront le mouvement à sa perte, avec un nombre de membres qui ne cesse de diminuer.



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