Un jour, j’irai vivre en Théorie parce qu’il paraît qu’en Théorie, tout va bien. (Les mots surpendus)

vendredi 26 août 2011

Les secrets peuvent être conservés de façon fiable pendant des décennies, même s’ils sont connus de milliers d’initiés

C’est l’un des arguments forts des détracteurs du Mouvement pour la Vérité sur le 11/9 : "Un tel coup monté aurait impliqué trop de gens, certains auraient parlé depuis le temps". Voici quelques éléments de réponse – avec de nombreuses références – parus sur le WashingtonsBlog. On pourrait rajouter bien d’autres exemples, ceci n’est qu’un extrait. En fait, bien que notre culture occidentale nous défende de l’envisager pour notre propre pays, le "terrorisme" s’est montré remarquablement utile et efficace dans bien des cas qui font désormais partie de l’Histoire.


Combien de temps les secrets peuvent-ils tenir ?



Daniel Ellsberg: "Les secrets… peuvent être conservés de façon fiable… pendant des décennies… même s’ils sont connus par des milliers d’initiés"
parus sur WashingtonsBlog, le 25 mai 2011
Traduction Martin pour ReOpenNews
Les juges, les procureurs et les journalistes savent tous que des faits de  collusion se produisent tous les jours. Comme je l’écrivais l’an dernier :
Le schéma de Ponzi de Bernie Madoff reposait sur une conspiration. Les chefs d’Enron ont été reconnus coupables de complot, tout comme cela s’est passé avec la direction d’Adelphia. De nombreux fonctionnaires de niveau inférieur du gouvernement ont été reconnus coupables de complot. Voir ici, ici, ici, ici et ici.
Le chroniqueur financier du Time Magazine Justin Fox a écrit :
certains complots sur les marchés financiers sont bien réels…
D’ailleurs, la plupart des bons journalistes d’investigation sont des théoriciens du complot. En effet, les complots sont si communs que les juges sont formés à examiner les allégations de complot comme n’importe quel autre recours en justice susceptible d’être réfuté ou prouvé par des éléments factuels.
Comme je l’ai fait remarquer en 2009 :
Le code de la justice fédérale aussi bien que celui des 50 États comprennent tous des lois spécifiques traitant de la conspiration, et prévoient des peines pour les personnes qui se rendent coupables de tels actes.
***
Le complot est un crime parfaitement reconnu en droit américain, enseigné à tous les étudiants de première année en fac de droit, cela fait partie de leur cursus de base. Dire à un juge que quelqu’un lui expose une "théorie du complot" n’est pas fondamentalement différent de lui dire que quelqu’un prétend qu’on a empiété sur sa propriété, qu’il a subi une agression, ou qu’on a volé sa voiture. Il s’agit d’un concept juridique fondamental.
Bien évidemment, de nombreuses allégations de complot sont fausses (si vous voyez un juge lors d’un dîner, demandez-lui de vous raconter quelques-unes des allégations extravagantes de complot qui ont été faites devant son tribunal). Évidemment, des gens vont gagner ou perdre en justice, selon qu’ils peuvent ou non étayer leurs dires à la lumière des preuves disponibles. Mais certaines allégations de violation de propriété, d’agression ou de vol ne sont pas fondées non plus.
Démontrer l’existence d’une conspiration ne diffère pas de la démonstration de n’importe quelle revendication juridique, et l’accusation de « complot » est prise au sérieux par les juges, au même titre que tout autre.
En effet, même le directeur de la communication de Barack Obama – qui préconise l’utilisation de la puissance de l’État pour combattre les "discours conspirationnistes" admet que :
Certaines théories du complot, répondant à notre définition, se sont avérées être vraies… La chambre d’hôtel du Watergate utilisée par le Comité national démocrate (Democratic National Committee) avait été, en effet, mis sur écoute par des fonctionnaires républicains, sur une demande émanant de la Maison-Blanche. Dans les années 1950, la CIA a bien administré du LSD et des drogues similaires, dans le cadre du projet MKULTRA, mais seulement pour étudier la possibilité d’un "contrôle de l’esprit." [Cet article ne va pas explorer les arcanes du contrôle de l'esprit.]

 
Impossible à cacher
Ceux qui accusaient Goldman Sachs, Dick Cheney ou d’autres personnes puissantes de conspirer pour servir leurs intérêts sont souvent confrontés à l’argument selon lequel s’il y avait vraiment eu conspiration « quelqu’un aurait craché le morceau ».
Mais le fameux lanceur d’alertes (whistleblower) Daniel Ellsberg explique :
C’est un lieu commun de dire que « vous ne pouvez pas garder un secret à Washington » ou « dans une démocratie », peu importe le degré de sensibilité du secret, vous êtes susceptibles de le voir [publié] le lendemain dans le New York Times. Ces banalités sont parfaitement fausses. Ce sont des histoires qui servent de couverture, de moyens de flatter ou de tromper les journalistes et leurs lecteurs, et cela fait partie intégrante du processus qui permet de garder les secrets bien au chaud.
Bien sûr, de nombreux secrets sont percés à jour, ce qui ne serait probablement pas le cas dans une société totalitaire. Mais le fait est que l’écrasante majorité des secrets ne transpirent pas vers le public américain.
Cela est vrai même lorsque l’information dissimulée est bien connue d’un ennemi, et qu’elle serait tout à fait essentielle à la fois au Congrès pour se positionner de façon avisée sur la guerre,  et à un contrôle démocratique de la politique étrangère. La réalité, qui est inconnue du grand public et de la plupart des membres du Congrès ainsi que de la presse, est que des informations secrètes potentiellement de la plus haute importance pour beaucoup d’entre eux peuvent être cachées de façon fiable pendant des décennies par le pouvoir exécutif, même si elles sont connues de milliers d’initiés.
L’histoire prouve que Ellsberg a raison. Par exemple:
  • Cent trente mille (130 000) personnes aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada ont travaillé sur le projet Manhattan [bombe atomique]. Pourtant, le secret a été gardé pendant plusieurs années.
  • Un documentaire de la BBC montre que :
Un coup d’État avait été projeté aux États-Unis en 1933 par un groupe d’hommes d’affaires américains d’extrême droite…. Le coup d’État visait à renverser le président Franklin D. Roosevelt avec l’aide d’un demi-million de vétérans de l’armée. Les conspirateurs, dont semblaient faire partie certaines des familles les plus en vue en Amérique (les propriétaires de Heinz, Birds Eye, Goodtea, Maxwell Hse et le grand-père de George Bush, Prescott) croyaient que leur pays devait adopter la politique menée par Hitler et Mussolini pour combattre la grande dépression.
En outre, "les magnats dirent au général Butler que le peuple américain accepterait le nouveau gouvernement, car ils contrôlaient tous les journaux." Avez-vous déjà entendu parler de ce complot auparavant ? C’était un très vaste complot. Et si les conspirateurs contrôlaient alors les journaux, la situation n’est-elle pas bien pire aujourd’hui avec la concentration des médias ?
Ces exemples montrent bien qu’il est possible de garder des conspirations secrètes pendant une longue période, sans que personne ne "vende la mèche".
Discipline
Tous ceux qui connaissent le fonctionnement des opérations militaires secrètes savent bien que la segmentation [des directives] selon le critère de la « connaissance suffisante », ajouté au respect de la structure hiérarchique, permet à quelques dirigeants d’ordonner une action sans que la plupart des exécutants aient la moindre idée du tableau d’ensemble.
En outre, ceux qui pensent que des Co conspirateurs se vanteront [après coup] de leurs actions oublient que les soldats ou les agents du Renseignement ou encore ceux qui ont d’énormes sommes d’argent en jeu peuvent être extrêmement disciplinés. Ils sont peu susceptibles de se présenter devant un tribunal pour vendre la mèche comme le feraient le délinquant de base ou le voleur alcoolique de second rang. Enfin, les personnes qui montent ces opérations secrètes peuvent le faire pour des raisons idéologiques – croire que la « fin justifie les moyens ». Ne jamais sous-estimer la conviction d’un idéologue.
"Toutes les guerres sont basées sur de la propagande"
Tom Brokaw écrivait :
Toutes les guerres sont basées sur la propagande.
Les exemples sont innombrables, comme celui d’habiller des cadavres avec de faux uniformes et de placer de fausses informations sur les corps pour induire l’ennemi en erreur.
En outre, les gouvernements de nombreux pays ont reconnu avoir pratiqué la terreur sous faux pavillon. Dans tous ces cas, plus qu’une poignée de personnes ont été impliquées dans la planification, le financement et l’exécution des attentats. Pourtant, personne n’a "craché le morceau" ou – quand quelqu’un l’a fait – on ne l’a pas cru.
Par exemple :
  • La CIA admet avoir embauché des Iraniens dans les années 1950 afin qu’ils se fassent passer pour des communistes et commettent des attentats à la bombe en Iran afin de monter l’opinion du pays contre son premier ministre démocratiquement élu.
  • Israël a admis qu’une cellule terroriste israélienne opérant en Égypte a posé des bombes dans plusieurs immeubles, y compris des bâtiments diplomatiques américains, laissant derrière elle des «preuves» impliquant des Arabes (l’une des bombes a explosé prématurément, ce qui a permis aux Égyptiens d’identifier les terroristes ;  par ailleurs, plusieurs des Israéliens impliqués se sont confessés plus tard) (confirmé ici et ).
  • L’ancien Premier ministre italien, un juge italien, et l’ancien chef du contre-espionnage italien admettent que l’OTAN, avec l’aide du Pentagone et de la CIA, a mené des attentats terroristes en Italie et d’autres pays européens dans les années 1950 et en a accusé les communistes en vue de rallier les citoyens à l’action de leurs gouvernements en Europe dans leur lutte contre le communisme . Comme l’un des participants à ce programme secret l’a déclaré par la suite : « Il fallait attaquer les civils, les gens, les femmes, les enfants, des personnes innocentes, des personnes inconnues éloignées de tout jeu politique, le peuple. La raison en était simple. Les attentats devaient forcer le public italien à se tourner vers l’État pour demander une plus grande sécurité" (voir ici). (L’ Italie et d’autres pays européens soumis à la campagne de terreur avaient adhéré à l’OTAN avant les attentats).
  • Comme l’a admis le gouvernement américain, des documents récemment déclassifiés montrent que dans les années 1960, le Comité des chefs d’État-major américains avait accepté un plan consistant à faire exploser des avions américains (en utilisant un plan élaboré comportant des échanges d’avions), et également de commettre des actes terroristes sur le sol américain, puis de rejeter le blâme sur les Cubains pour justifier une invasion de Cuba. Voir le texte suivant: bulletin de ABC News ; les documents officiels et regardez cette interview de l’ancien producteur responsable de l’enquête à Washington pour ABC’s News World tonight, Peter Jennings. Des documents officiels du Département d’État montrent que – seulement neuf mois avant cette opération Northwoods – la direction de l’État-major interarmées et d’autres fonctionnaires de haut rang avaient envisagé de faire sauter un consulat en République dominicaine afin de justifier une invasion de ce pays. (Bien que les chefs d’État-major aient insisté pour que soit menée à bien l’opération Northwoods, certains esprits plus froids ont heureusement prévalu; le président Kennedy ou son secrétaire à la Défense Robert McNamara ont apparemment opposé un veto à ce plan).
  • En Afrique du Sud, le Comité "Vérité et Réconciliation" a constaté qu’en 1989, le Bureau de la coopération civile (une branche secrète de la Force de Défense d’Afrique du Sud) avait approché un expert en explosifs pour lui demander « de participer à une opération visant à discréditer l’ANC [African National Congress] en piégeant le véhicule de police d’un enquêteur s’occupant d’une affaire de meurtre », puis de désigner l’ANC comme coupable de l’attentat.
  • Un diplomate algérien et plusieurs officiers de l’armée algérienne ont admis que dans les années 1990, l’armée algérienne avait fréquemment massacré des civils algériens et avait accusé les militants islamistes de ces assassinats (voir cette vidéo [vidéo apparemment  supprimée - Ndlr], et l’Agence France-Presse du 27/09/2002: Une Cour française rejette les poursuites pour diffamation contre un auteur algérien).
  • L’ancien président du Comité des Chefs d’État-major (Joint Chiefs of Staff), le général Shelton Hugh a expliqué qu’un membre du cabinet de Bill Clinton avait proposé de laisser Saddam tuer un pilote américain pour avoir un prétexte pour entrer en guerre contre l’Irak (voir ici).
  • Selon le Washington Post, la police indonésienne admet que l’armée indonésienne a tué des enseignants américains en 2002 en Papouasie et a imputé les meurtres à un groupe séparatiste papou pour obtenir que ce groupe soit répertorié comme une organisation terroriste.
  • Le très respecté ancien président indonésien admet également que le gouvernement indonésien a probablement eu un rôle dans les attentats de Bali.
  • Il a été ramené par la BBC, le New York Times et Associated Press que les responsables macédoniens admettent que le gouvernement a assassiné de sang-froid sept immigrants innocents et ont prétendu qu’ils étaient des combattants d’Al-Qaïda projetant d’assassiner des policiers macédoniens, cela dans le but de participer à la guerre "contre le terrorisme".
  • L’ancien procureur du ministère de la Justice John Yoo a suggéré en 2005 que les États-Unis devraient passer à l’offensive contre Al-Qaïda, selon le schéma suivant : "Nos services de renseignements créeront une fausse organisation terroriste. Elle pourrait avoir ses propres sites Web, ses centres de recrutement, ses camps d’entraînement et mener des opérations de collecte de fonds. Elle pourrait lancer de fausses opérations terroristes et revendiquer de véritables attaques, contribuant ainsi à semer la confusion dans les rangs d’Al-Qaïda, ce qui amènerait les militants à mettre en doute l’identité des autres et poserait la question de la validité des communications."
  • United Press International écrivait en juin 2005 :
Des officiers de renseignements des États-Unis signalent que certains des insurgés en Irak utilisent des modèles récents de pistolets Beretta 92; les pistolets paraissent avoir eu leur numéro de série effacé. Cependant, les chiffres ne semblent pas avoir été physiquement supprimés; les pistolets pourraient provenir d’une ligne de production sans numéro de série. Les analystes suggèrent que l’absence de numéro de série indique que les armes étaient destinées à des opérations de renseignements ou à des cellules terroristes bénéficiant de l’appui substantiel du gouvernement. Les analystes pensent que ces armes pourraient provenir du Mossad ou de la CIA. Ils estiment que des agents provocateurs peuvent utiliser ces armes non traçables et même que les autorités américaines utilisent des attaques d’"insurgés" contre des civils comme preuve de l’illégitimité de la résistance.
  • La Sûreté du Québec a admis qu’en 2007, des voyous qui transportaient des pierres lors d’une manifestation pacifique étaient en réalité des agents d’infiltration de la police du Québec.
  • Lors des protestations du G20 à Londres en 2009, un membre du Parlement britannique a vu des policiers en en civil tenter d’inciter la foule à la violence.
  • Il existe de nombreux autres cas avérés d’attentats sous fausse bannière à travers l’Histoire. Voir ici, ici et ici.
En résumé, l’affirmation selon laquelle des complots n’auraient pas pu avoir lieu sinon quelqu’un aurait vendu la mèche en se vantant de ses actes est parfaitement fausse.
Les complots ne sont généralement pas découverts à moins de faire l’objet d’enquêtes poussées et de poursuites judiciaires.

Traduction Martin pour ReOpenNews
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