Un jour, j’irai vivre en Théorie parce qu’il paraît qu’en Théorie, tout va bien. (Les mots surpendus)

lundi 19 septembre 2011

La corruption à Québec et l'exemple de Jésus



Comme titre, j’avais d’abord pensé mettre : « Crasse : quand la saleté s’accumule ». Mais, comme disait le Juge Routhier sur musique de Calixa Lavallée, nous sommes nés d’une race fière, notre berceau a été béni et c’est le Ciel qui a marqué notre carrière… incluant, on présume, celle de nos carriéristes. Ne pas s’étonner, donc, si nos scandales au Québec - petit clin d'oeil à nos amis français - ne s’inspirent pas des histoires de vieilles dames au parfum avec de jeunes messieurs, ou de vieillards avec de jeunes femmes de chambre, mais directement de l’Évangile. Confessons-le...
Maintenant que tous les Québécois ont, comme le Premier Ministre Charest, lu quelques bribes du rapport confidentiel de Jacques Duchesneau sur la collusion dans l’industrie de la construction, ils sont à peu près tous convaincus que le Québec, son gouvernement et ses fonctionnaires, nagent dans la gabégie, la prévarication… et choisissez ici entre 42 synonymes pour « corruption».
Grande surprise ? Pas vraiment. On sait depuis les dernières élections municipales que ce sont des « politiciens » (inspirez vous au besoin des 42 synonyme ci-haut pour les qualifier) qui ont le haut du pavé dans la gouvernance et l’administration publique au Québec. Ils s’acoquinent au besoin avec la mafia, la pègre ou ceux qu’on soupçonne d’en être pour obtenir un peu d’expertise ponctuelle pour réussir une affaire, mais en dernière analyse et au fond des choses, ce sont eux, ceux que nous avons élus, solidement appuyés par ceux qui les financent et ceux qu’ils ont nommés, qui sont les pires criminels. Les « félons » qui ont obtenu notre confiance et qui l’ont trahie. (lien)
Pas de surprise, on savait déjà. On vient juste de préciser comment ils nous filoutent au rythme de MILLIARDS de dollars par année. Car il faut bien comprendre que, si les travaux de voirie au Québec coûtent 30% plus cher qu’ailleurs, ça fait 30% à donner aux copains. 4,4 milliard de travaux de voirie prévus à Montreal l’an prochain, par exemple, c’est plus de 1 000 000 000 $ à détourner vers les fraudeurs. Un hold-up d’un milliard. Allez, hop ! Videz vos poches ! Et ce n’est qu’un acompte...
Un acompte, car ce n’est pas un milliard qui fera perdre le Nord à notre Premier Ministre. Il a son Plan. Avec persévérance, il profitera de ce qui lui reste de mandat pour brader nos ressources naturelles, aux moins comme aux plus offrant d'où qu'ils viennent. Pourvu qu’ils construisent des routes…, et des ponts…, et des tunnels… et des viaducs qui ne tombent pas avant que John James Charest ne soit tombé. La destinée manifeste du Grand Nord québécois est devenue d’être couvert de travaux de voirie en 20 ans. Donneurs de pots-de-vin du monde entier, unissez-vous !
Dix milliards de dollars 10 000 000 000 $ de prébendes sur 20 ans pour les copains libéraux et leurs enfants ! Ça fait saliver, hein ? Les petits escrocs peuvent aller se rhabiller ! Quand à "ceux qui sont nus", comme disait l’Autre, on y pensera une autre fois. Ce qui me ramène au message du Christ. Avant d’aller apprendre comment faire des CDS et autres arnaques à Harvard, quiconque aspire à être une crapule devrait d’abord maîtriser l’Évangile.
Allez aux Évangiles, à Saint-Luc, Verset 16 :
1 Jesus dit aussi à ses disciples: un homme avait un économe qui lui fut dénoncé comme dissipant ses biens.
2 Il l'appela, et lui dit: Qu'est-ce que j'entends dire de toi? Rends compte de ton administration, car tu ne pourras plus administrer mes biens.
3 L'économe dit en lui-même: Que ferai-je, puisque mon maître m'ôte l'administration de ses biens? Travailler à la terre? je ne le puis. Mendier? j'en ai honte.
4 Je sais ce que je ferai, pour qu'il y ait des gens qui me reçoivent dans leurs maisons quand je serai destitué de mon emploi.
5 Et, faisant venir chacun des débiteurs de son maître, il dit au premier: Combien dois-tu à mon maître?
6 Cent mesures d'huile, répondit-il. Et il lui dit: Prends ton billet, assieds-toi vite, et écris cinquante.
7 Il dit ensuite à un autre: Et toi, combien dois-tu? Cent mesures de blé, répondit-il. Et il lui dit: Prends ton billet, et écris quatre-vingts.
( Et c'est là que ça devient intéressant. GRC, FBI, la croix, la prison... ? Que non !)
8 Le maître loua l'économe infidèle de ce qu'il avait agi prudemment. Car les enfants de ce siècle sont plus prudents à l'égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lumière.
9 Et moi, je vous dis: Faites-vous des amis avec les richesses injustes, pour qu'ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels, quand elles viendront à vous manquer.
Au cas où vous ne maîtriseriez pas l'exégèse, voici ce que ça donne au XXIe siècle:
Un systeme financier puissant avait des serviteurs, dont le peuple à l’occasion lui signifiait qu’il devait en changer. Ceux-ci se dirent : Qu’en sera-t-il de nous quand nous serons remplacés ? Car nous ne savons ni travailler, ni penser ni faire œuvre utile…. Nous savons ce que nous ferons!
Faisant venir chacun de ceux qui travaillaient pour l’État, les serviteurs leur dirent : « Que devriez vous donner et recevoir ? » L’un dit : « Livrer dix kilomètres de route et recevoir un million » Le serviteur lui dit : « Assied-toi vite et écris 8 kilomètres ». Il dit ensuite à un autre, qui avait le même engagement : « Prend to contrat et écris 1,3 million. »
Les financiers louèrent leurs serviteurs d’avoir agi prudemmnet. Car les fripouilles sont plus généreuses envers leurs semblables que ceux qui croient en un monde d’honnêteté et de justice.
Ils leur dirent : « Faites vous amis des firmes d’ingénierie et de construction en dilapidant les biens publics qu’on obtient en taxant ceux qui ont peu, afin qu’il y ait des postes de vice-présidents pour vous dans le secteur privé, quand le peuple lassé vous aura chassé ou qu’un salaire de fonctionnaire ne vous satisfera plus. »
Le message évangélique a bien des secrets ; lisez même ce qui est écrit en petits caractères. Assez pour aujourd’hui. La semaine prochaine - si Dieu me prête vie, car nous sommes si peu de chose… - je chercherai peut-être aussi dans les Saintes Écritures ce qu’il faudrait faire pour se débarrasser de la saleté qui s’est accumulée à Québec.
Si la vie ne me consent pas ce crédit, je suis persuadé que d’autres trouveront bien tout seuls comment faire le ménage. La grande surprise, en cette affaire, en effet, c’est que la population n’ait pas encore jeté à la rue, sans violence inutile, mais avec toute la force nécessaire, le gang de malandrins qui gouvernent le Québec.
Mais, comme chantait Édith Piaf, ça ne pouvait pas durer toujours.
Pierre JC Allard
SOURCE 
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