Cà, je le savais que ses trois grands amis se donnent
fréquemment rendez-vous dans leur luxueuse demeure depuis longtemps.
Ils fréquentent tout le même monde et ont les mêmes
ambitions.
Sarkozy
avait fait un aveu : «Si je suis aujourd’hui président de la République, je le
dois en partie aux conseils, à l’amitié et à la fidélité de Paul Desmarais.»
Alors les faveurs se promènent d’un bord et de l’autre.
Lolo
Maintenant que la forêt est rasée, il est temps de creuser le sol ... quand on sait que le père Desmarais ( taper Power Corporation dans Googuele, vous allez tripper) est le bon copin de Sarko et de Charest , on peut annoncer que dans pas long le nord du Québec ressemblera probablement à un vaste village minier dont les bénéfices iront, une fois de plus, loin des poches des locaux à qui on fait miroiter du boulot dans ce nouvel enfer environnemental ...
Power et les deux larbins
S’il vous restait encore un doute sur l’utilité des relations politiques pour réaliser ses objectifs d’affaires et mettre la main sur nos richesses collectives à vil prix, l’exemple qui suit devrait le dissiper à jamais.
En effet, le ministre français de l’industrie, Éric Besson, vient de terminer une tournée dans le Nord québécois. Extrait du compte-rendu de l’agence de presse QMI :
« Nous voulons que les entreprises françaises s’implantent vraiment et tirent partie de ce qui est en train de se passer au nord du 49e parallèle », a dit M. Besson à la presse, en référence au Plan Nord, un ample programme du Québec pour mettre en valeur ses richesses naturelles et attirer quelque 80 milliards de dollars d’investissements sur 25 ans.
« Les entreprises françaises ont besoin de croissance » et doivent la chercher entre autres dans des zones en fort développement, a souligné le ministre, venu au Québec avec des hauts responsables de 14 grandes sociétés intéressées.
Il a énuméré les atouts du Nord québécois, son potentiel énergétique, avec l’hydroélectricité et l’éolien, et minier : fer, lithium, terres rares, diamants, ainsi que son « positionnement stratégique » avec des ports en eau profonde sur la future route arctique entre l’Asie et l’Europe.
« Le Nord québécois a tout pour devenir une "nouvelle frontière" pour les entreprises françaises », a-t-il estimé, avant de rappeler un défi lancé il y un an par le premier ministre Jean Charest, qui voudrait que les Français dépassent les Américains en tête des investisseurs étrangers.
Power et les deux larbins
S’il vous restait encore un doute sur l’utilité des relations politiques pour réaliser ses objectifs d’affaires et mettre la main sur nos richesses collectives à vil prix, l’exemple qui suit devrait le dissiper à jamais.
En effet, le ministre français de l’industrie, Éric Besson, vient de terminer une tournée dans le Nord québécois. Extrait du compte-rendu de l’agence de presse QMI :
« Nous voulons que les entreprises françaises s’implantent vraiment et tirent partie de ce qui est en train de se passer au nord du 49e parallèle », a dit M. Besson à la presse, en référence au Plan Nord, un ample programme du Québec pour mettre en valeur ses richesses naturelles et attirer quelque 80 milliards de dollars d’investissements sur 25 ans. « Les entreprises françaises ont besoin de croissance » et doivent la chercher entre autres dans des zones en fort développement, a souligné le ministre, venu au Québec avec des hauts responsables de 14 grandes sociétés intéressées.
Il a énuméré les atouts du Nord québécois, son potentiel énergétique, avec l’hydroélectricité et l’éolien, et minier : fer, lithium, terres rares, diamants, ainsi que son « positionnement stratégique » avec des ports en eau profonde sur la future route arctique entre l’Asie et l’Europe.
« Le Nord québécois a tout pour devenir une "nouvelle frontière" pour les entreprises françaises », a-t-il estimé, avant de rappeler un défi lancé il y un an par le premier ministre Jean Charest, qui voudrait que les Français dépassent les Américains en tête des investisseurs étrangers.
« C’était une façon de dire aux entreprises françaises "Bougez-vous ! Il y a des opportunités ici, c’est à vous de les saisir" », a encore dit le ministre.
M. Charest, avec qui M. Besson a dîné vendredi, est attendu à Paris du 4 au 6 octobre. Il rencontrera le premier ministre François Fillon et s’adressera au Medef, l’organisation du patronat français.
De son côté, M. Besson compte créer un groupe de travail franco-québécois au sein d’un comité chargé d’assurer l’approvisionnement de la France en métaux stratégiques. »
En ce qui concerne les 14 grandes entreprises « françaises » en question, vous pouvez être certains que les trois quarts étaient là uniquement pour bien faire paraître le ministre en France, et que parmi les autres figurait de façon très prépondérante Imerys le holding industriel de Paul Desmarais , cette filiale de Pargesa,, comme « par hasard » justement spécialisée dans les minéraux et métaux stratégiques :
« Leader mondial de la valorisation des minéraux, Imerys occupe une position de premier plan dans chacun de ses secteurs d’activité : minéraux de performance et filtration ; matériaux et monolithiques ; pigments pour papiers ; minéraux pour céramiques, réfractaires, abrasifs et fonderie. »
Et comme le « hasard » fait si bien les choses, Imerys a développé une branche spécialisée dans les minéraux pour l’exploitation pétrolière dont Total, une autre participation du holding Pargesa, est bien évidemment cliente.
Comme on dit en anglais, les Desmarais ont un doigt dans chaque tarte. Tout cela est grandement facilité par l’étroitesse de leurs liens avec les pouvoirs politiques (voir à ce sujet mes articles récents http://www.vigile.net/L-appetit-vorace-de-l-oncle-Paul ethttp://www.vigile.net/Quand-les-hypotheses-d-un-jour)
On imagine facilement le vieux patriarche se frotter les mains aujourd’hui, dans son domaine de Sagard, et se dire « Décidément, ce p’tit Charest, il n’est pas mal. On va peut-être débrancher Legault et lui laisser encore une chance. Il faudra que j’en glisse un mot à Pratte ».
M. Charest, avec qui M. Besson a dîné vendredi, est attendu à Paris du 4 au 6 octobre. Il rencontrera le premier ministre François Fillon et s’adressera au Medef, l’organisation du patronat français.
De son côté, M. Besson compte créer un groupe de travail franco-québécois au sein d’un comité chargé d’assurer l’approvisionnement de la France en métaux stratégiques. »
En ce qui concerne les 14 grandes entreprises « françaises » en question, vous pouvez être certains que les trois quarts étaient là uniquement pour bien faire paraître le ministre en France, et que parmi les autres figurait de façon très prépondérante Imerys le holding industriel de Paul Desmarais , cette filiale de Pargesa,, comme « par hasard » justement spécialisée dans les minéraux et métaux stratégiques : « Leader mondial de la valorisation des minéraux, Imerys occupe une position de premier plan dans chacun de ses secteurs d’activité : minéraux de performance et filtration ; matériaux et monolithiques ; pigments pour papiers ; minéraux pour céramiques, réfractaires, abrasifs et fonderie. »
Et comme le « hasard » fait si bien les choses, Imerys a développé une branche spécialisée dans les minéraux pour l’exploitation pétrolière dont Total, une autre participation du holding Pargesa, est bien évidemment cliente.
Comme on dit en anglais, les Desmarais ont un doigt dans chaque tarte. Tout cela est grandement facilité par l’étroitesse de leurs liens avec les pouvoirs politiques (voir à ce sujet mes articles récents http://www.vigile.net/L-appetit-vorace-de-l-oncle-Paul ethttp://www.vigile.net/Quand-les-hypotheses-d-un-jour)
On imagine facilement le vieux patriarche se frotter les mains aujourd’hui, dans son domaine de Sagard, et se dire « Décidément, ce p’tit Charest, il n’est pas mal. On va peut-être débrancher Legault et lui laisser encore une chance. Il faudra que j’en glisse un mot à Pratte ».
5 janvier 2010
Les Desmarais: un empire médiatico-bitumineux ?
Le talent de Sacha Guitry pour la réplique ironique cinglante le
précédait partout. Un jour qu’il entrait dans la résidence d’une riche
parisienne, il s’exclama: “quel magnifique lustre!”. Un convive, l’ayant
entendu, de commenter: “qu’est-ce qu’il peut être méchant !”
Desmarais Jr. membre du CA de Total, devant les sables, dans ce photo-montage du Journal de Montréal
De même, il ne fait aucun doute que les membres de la famille Desmarais, propriétaires de La Presse et
de la chaîne de journaux Gesca, sont fédéralistes, capitalistes et
heureux de jouer dans les coulisses du pouvoir québécois, canadien et
français pour hisser les amis vers le haut et écarter les importuns vers
les côtés.
Mais comme pour Guitry à qui on prêtait plus de méchanceté qu’il n’en
avait, on prête aux Desmarais une activité maléfique qui dépasse la
réalité. On en a l’illustration récente avec la polémique qui oppose La Presse au Journal de Montréal,
au sujet de l’axe Desmarais/Sables bitumineux/Commentateurs de La
Presse. Je vous résume les épisodes précédents, qui se sont déroulés
pendant que vous faisiez vos emplettes de Noël.
Premier épisode le 17 décembre quand l’éditorialiste
André Pratte et la chroniqueuse Lysiane Gagnon écrivent tous deux des
textes portant, incidemment, sur les sables bitumineux. Pratte fustige Jean Charest pour s’être allié aux propos “irresponsables” des écologistes critiquant le Canada à Copenhague.
Lui qui est si jaloux des compétences provinciales, de quoi se mêle-t-il? Que dirait-il si les autres provinces demandaient au fédéral d’empêcher le Québec d’exploiter ses richesses naturelles?
Gagnon enchaîne dans la page suivante:
c’est grâce aux sables bitumineux que le Québec peut se permettre de vivre au-dessus de ses moyens et de s’offrir des services de luxe comme les garderies à 7$ et des universités quasiment gratuites. La décence exigerait que le gouvernement québécois s’abstienne au moins de cracher dans la soupe… ou alors que, joignant le geste à la parole, il décide désormais de renoncer à l’argent «sale» du pétrole de l’Ouest.
Deuxième épisode le 19 décembre, quand le journaliste Mathieu Turbide
écrit un intéressant article sur l’implication financière de Power
Corporation, des Desmarais, dans les sables bitumineux. La filière est
la suivante: Power détient la moitié des actions de Pargesa qui détient
4% des actions de la géante française Total. Cela semble peu, mais il
s’agit du plus important bloc d’action et fait en sorte que Pargesa
compte deux membres sur le CA de Total, dont Paul Desmarais Jr. Turbide
indique que Total:
compte devenir l’un des gros joueurs dans l’exploitation des sables bitumineux canadiens au cours des 30 prochaines années. Avec ses deux sites en exploitation, deux projets en cours de réalisation et plusieurs terrains loués au gouvernement albertain pour du forage exploratoire, Total peut espérer tirer un minimum de 5 milliards de barils de pétrole des sables au cours de cette période. Total a déjà investi 6 milliards $ au Canada par l’intermédiaire de sa filiale Total Canada et projette d’investir 20 milliards $ dans les sables bitumineux au cours des 20 prochaines années.
Comme il l’avait fait précédemment dans son blogue,
Turbide fait ensuite un lien entre cet investissement et les
commentaires de Pratte et Gagnon, avec cette phrase assez bien écrite,
mais chapeautée de l’intertitre La Presse défend les sables :
Dans la foulée du sommet de Copenhague, l’exploitation des sables bitumineux au Canada et la volonté du gouvernement Harper de limiter au minimum les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la position du journal La Presse a attiré l’attention. Le journal de l’empire Power a vertement critiqué le premier ministre du Québec, Jean Charest, après que celui-ci eut remis en question la position d’Ottawa [...].
Troisième épisode le 24 décembre, avec la réplique de Pratte en éditorial.
Furieux, il pointe vers les reportages précédemment publiés par le
journaliste François Cardinal sur le “pétrole sale” et indique que ses
collègues et lui-même n’ont jamais défendu inconditionnellement les
sables bitumineux, mais ont au contraire spécifiquement réclamé, dans le
cas de Pratte, “des façons d’exploiter les sables bitumineux de façon
moins dommageable pour l’environnement”.
Quatrième épisode le 27 décembre: le rédacteur-en-chef du Journal de Montréal, Dany Doucet, réplique à Pratte. Salve d’ouverture: S’il y a une chose qu’un éditorialiste de La Presse ne devrait jamais faire, c’est donner des leçons de journalisme aux autres. Cela donne une idée de la bonne entente régnant entre les deux grandes maisons. Mais Doucet vise ensuite le coeur du problème:
La famille du milliardaire Paul Desmarais, propriétaire de l’empire Power Corporation et de sept des dix quotidiens francophones du Québec, dont La Presse, est celle au Québec qui a le plus d’intérêts financiers dans le développement des sables bitumineux. [...] par un drôle de hasard, deux chroniqueurs et l’éditorialiste en chef de La Presse avaient coup sur coup pris position en faveur des sables bitumineux en raison de ce qu’ils apportent comme revenus au Canada et au Québec. [...] Le problème, c’est que tout ce beau monde a «oublié» d’écrire que le propriétaire de leur journal avait tout intérêt à ce que rien ne vienne perturber l’exploitation des sables bitumineux. Quand on prend chaque jour plusieurs pages d’un journal pour dire au monde quoi penser, le minimum est de déclarer les intérêts de la maison: les siens, ceux de ses patrons et de ses propriétaires.
Mon avis ? La Presse a un vrai problème, mais pas celui que l’on croit. L’éditorialiste en chef de La Presse,
et des autres journaux de la chaîne sont, c’est connu, choisis parce
qu’ils sont en faveur d’un Canada uni et de l’économie de marché. Au
delà de ces balises exigées par le propriétaire, toutes les théories
voulant que les journalistes ou chroniqueurs du journal — ou de la
chaîne — se font souffler leurs idées par le CA de Power sont simplement
étrangères à la réalité d’une grande salle de rédaction. Il y a certes
des cas connus où l’ire des Desmarais s’est fait, directement ou
indirectement, sentir. André Pratte en est la preuve vivante, lui qui
avait perdu sa chronique, au début des années 90, parce qu’il avait
cité, sans les critiquer, les propos de quelqu’un critiquant les
Desmarais. J’y reviens.
J’entends sans arrêt les plus folles hypothèses. Tel leader syndical
me jure que les journalistes de la grosse Presse s’acharnent sur la FTQ
parce que la centrale s’oppose à la privatisation de la santé alors que
Power voudrait y investir ! (Et Radio-Canada, souvent partenaire de
Gesca, serait aussi dans le complot !) Cette filière Power-Santé aurait
aussi expliqué la position de La Presse en faveur du campus Outremont pour le CHUM, car Power détenait des terrains adjacents. J’en passe.
Étant dans le milieu des médias québécois depuis maintenant plus de 25 ans (je fus correspondant de La Presse à
Washington pendant cinq ans), connaissant personnellement les joueurs,
je peux affirmer que les journalistes et chroniqueurs de La Presse,
même ceux avec lesquels je suis en désaccord quasi-constant, écrivent
en suivant leurs propres inclinations, pas celle des propriétaires.
(Sinon, expliquez moi pourquoi les deux signatures les plus lues du journal, Pierre Foglia et Réjean Tremblay, sont indépendantistes. La page éditoriale est une des moins lue de ce, et de tous, les journaux, sauf pour la caricature.)
Il me faudrait des preuves en béton pour croire que les deux
personnes qui ont pour rôle de protéger la salle de rédaction des
pressions extérieures, dont celles du propriétaire, ne font pas
correctement ce travail. J’ai connu l’actuel vice-président à
l’information et éditeur adjoint, Philippe Cantin, lorsqu’il était
correspondant à Québec et je peux témoigner qu’il a un principal
objectif dans la vie: publier la nouvelle, quelle quelle soit, avant ses
concurrents.
Quant à Guy Crevier, l’éditeur, il m’avait épaté lorsque, dirigeant
TVA, il avait accepté de produire et de réaliser le documentaire tiré de
mon livre Le Tricheur, malgré les très fortes pressions du
gouvernement libéral. (Transparence totale: il fut pendant cinq ans
membre du CA du CÉRIUM). On me rapporte qu’il continue à jouer ce rôle
de bouclier depuis qu’il est à la gouverne de La Presse. (Je n’en dis pas autant des administrations précédentes du journal, cependant.)
Le problème de La Presse, dans la question qui nous occupe, en est un d’omission.
Il est problématique que la principale chaîne de journaux au Québec
soit aussi timide dans sa couverture d’une des familles les plus
influentes au Québec, la famille Desmarais. C’est un vrai problème, dont
le miroir inversé est la couverture des activités de Quebecor par les
publications de l’empire Péladeau.
Les informations concernant l’influence des Desmarais dans Total et,
par ce biais, dans les sables bitumineux, étaient connues. Elles
apparaissaient dans le livre Derrière l’État Desmarais, de Robin Philpot, publié en 2008. Cet essai, que j’ai lu avec intérêt, n’a pas eu droit à un seul article dans La Presse ou dans les journaux de la chaîne — sauf Le Soleil qui en a dit du mal en quelques mots. Aucune des informations colligées par Philpot n’a été reprise, discutée, voire réfutée.
En fait, une recherche des mots Power et Total dans
la banque des articles de la chaîne Gesca pour les deux dernières
années renvoie à des textes sur les activités de Total en Birmanie et
sur des questions soulevées à ce sujet par des actionnaires de Power.
Cependant, comme le signale Dany Doucet, un lecteur de tous les journaux
de Gesca n’aurait jamais su qu’il y avait un lien entre Power et les
sables bitumineux, donc avec un des grands enjeux de politique
environnementale du pays.
Je crois cependant qu’il est illusoire de penser que les journalistes
de Gesca s’adonneront un jour à une couverture systématique, voire
agressive, de l’empire Power, ou de penser que ceux de Quebecor feront
de même avec leurs proprios. L’indépendance d’esprit est une chose, le
réflexe suicidaire, une autre.
Dans le contexte d’hyper-concentration médiatique dont le Québec est
aujourd’hui victime, le seul antidote réaliste est de compter sur
Quebecor pour éclairer les activités de Power, et sur La Presse pour suivre à la trace celles de Quebecor.
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