Un jour, j’irai vivre en Théorie parce qu’il paraît qu’en Théorie, tout va bien. (Les mots surpendus)

mercredi 28 décembre 2016

Ainsi, le maillage de toute l’humanité connectée continue.

Robin de La Roche
Voyageur
Je me souviens d’une discussion avec un policier il y a de cela quelques années. Amusé, il me disait : « Avec les réseaux sociaux, vous nous facilitez drôlement le travail : c’est vous qui remplissez – et de quelle manière ! – votre propre fiche ! »

On sait, depuis les révélations d’Edward Snowden, à quel point ce policier était même en dessous de la réalité. En fait, l’intégralité de nos relations, de nos choix philosophiques et religieux, de nos réseaux professionnels comme amicaux, notre vie sentimentale, notre généalogie, nos déplacements, nos goûts culinaires, tout est facilement déductible en quelques clics. Et c’est nous qui, gracieusement, fournissons toutes les informations. Nous nous fichons.

Il existe deux types d’utilisations de toutes ces données.
La première est évidente. En échange de produits et services « gratuits », nous nous offrons. Ce faisant, nous devenons le produit. Les publicitaires qui utilisent Facebook le savent mieux que personne. Sur ce réseau mondial, il est possible d’afficher de la publicité pour des cibles si précises que ça en devient affolant. Vous pouvez choisir comme cible, par exemple : les femmes qui habitent le 15e arrondissement de Paris, ont entre 34 et 37 ans, ont deux enfants, sont célibataires, travaillent à plus de 10 km de leur domicile, aiment le tricot et Marine Le Pen, mais pas Le Salon beige. Et ce n’est qu’un exemple parmi une infinité de possibilités combinables entre elles…

L’autre utilisation de nos « données vitales » est évidemment policière, au sens large du terme. C’est ce qu’a bien compris l’administration américaine, qui utilise de manière très poussée les possibilités de traçage.

Si nous le savions, c’était jusqu’à maintenant grâce au transfuge (appelons les choses par leur nom) Edward Snowden. En trahissant son pays, il révéla au monde l’étendue de l’espionnage puissant dont nous sommes tous les victimes, plus ou moins consentantes. Les dernières informations extraites des fichiers Snowden révèlent même les méthodes de récupération de données sur les réseaux Wi-Fi des long-courriers. Connectez-vous, nous ferons le reste.

Or, cette semaine, au milieu des festivités de Noël, l’administration américaine a modifié le formulaire ESTA, qui permet aux ressortissants des pays ne nécessitant pas de visa de demander une autorisation d’entrée pour 90 jours sur le territoire des États-Unis. Au-delà des données habituelles, les Américains nous demandent désormais d’indiquer nos identifiants sur les réseaux sociaux !

Il ne suffit plus que nous remplissions nous-mêmes nos fiches ; il faut maintenant que nous leur indiquions où elles sont rangées !
http://www.bvoltaire.fr/robindelaroche/usa-veulent-savoir-de-vie-y-aidez,302385?mc_cid=7efbbe63a0&mc_eid=4975bfe108
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