Un jour, j’irai vivre en Théorie parce qu’il paraît qu’en Théorie, tout va bien. (Les mots surpendus)

mercredi 14 décembre 2011

Le retrait du Canada sème la consternation




Manifestation contre l'abandon de Kyoto par le Canada devant le Parlement
À Paris comme à Pékin, la décision d'Ottawa de se retirer du Protocole de Kyoto a soulevé une tempête de critiques dans les capitales étrangères.
Pour le ministre des Affaires étrangères français, Alain Juppé, ce retrait de Kyoto est «une mauvaise nouvelle pour la lutte contre le changement climatique», a signifié son porte-parole, Bernard Valero. Mais «il n'est pas question de relâcher nos efforts et de briser la dynamique de l'accord de Durban qui forme un ensemble cohérent.»
À Pékin, la réaction a été acerbe. Le Canada est devenu «le premier pays à se retirer de l'accord historique du Protocole de Kyoto, ce qui, incontestablement, endiguera les efforts mondiaux de lutte contre les changements climatiques, écrivait l'agence de presse officielle du gouvernement chinois, Xinhua. Ce qui est le plus préoccupant à l'heure actuelle, c'est de voir si d'autres pays industrialisés l'imiteront.»
«La décision du Canada va à l'encontre des efforts de la communauté internationale et est regrettable», a indiqué Lui Weimin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
Pour sa part, la secrétaire exécutive de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques, Christiana Figueres, a été prise au dépourvu face à ce revirement.
«Que le Canada soit signataire ou non du Protocole de Kyoto, le pays a une obligation légale, conformément à la Convention de réduire ses émissions et une obligation morale face à soi-même et aux générations futures d'assumer un rôle de premier plan», a déclaré Mme Figueres par voie de communiqué.
Selon elle, «les pays industrialisés qui ont fortement augmenté leurs émissions depuis les années 1990, comme c'est le cas pour le Canada, sont mal placés pour demander aux pays en développement de limiter leurs émissions», a-t-elle signifié.
Le ministre de l'Environnement Peter Kent a justifié cette décision en disant que cet accord, qui prévoyait des cibles de réduction de 6% des gaz à effet de serre en 2012 par rapport aux niveaux de 1990, aurait eu des effets dévastateurs sur l'économie canadienne. Les pénalités se seraient élevées à 14 milliards$, avait-il déploré.

De son côté, Greenpeace estime que le retrait de cet accord imposera une «peine de mort» aux populations les plus vulnérables de la planète. Selon un porte-parole de ce groupe, Mike Hudema, le Canada oublie la «dimension humaine» des engagements de Kyoto.

Concert de critiques à Ottawa
À Ottawa, le chef libéral intérimaire Bob Rae a accusé les conservateurs de cacher leurs véritables intentions à la conférence de Durban, un geste «malhonnête et répréhensible», a-t-il dénoncé. Il a demandé au gouvernement conservateur si le parti accepte les données scientifiques concernant le changement climatique.
C'est une «tache d'huile noire sur la réputation du Canada dans le monde», a enchaîné la chef intérimaire néo-démocrate Nycole Turmel aux Communes. «Le Canada s'isole à travers le monde, se mets à dos le reste du monde.»
Le Canada favorise plutôt un accord contraignant qui inclura «tous les grands émetteurs», a justifié le premier ministre Stephen Harper, qui souligne que ce n'est pas le cas avec le protocole de Kyoto n'est pas cet accord.
Il a qualifié les cibles de 6% négociées par le gouvernement libéral précédent de «cibles stupides», irresponsables et inatteignables.
Pour sa part, Stéphane Dion craint que le Canada subisse des représailles de la part de certains pays signataires du protocole de Kyoto.
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