Un jour, j’irai vivre en Théorie parce qu’il paraît qu’en Théorie, tout va bien. (Les mots surpendus)

samedi 2 novembre 2013

Le FOULARD islamique (Un dossier du Groupe Rencontre)

Lorsque Nabila Ben Aïssa est apparue voilée aux funérailles de sa soeur Loubna (à Bruxelles), personne ne s'en est ému. Au contraire. Et voici que, tout à coup,on se passionne pour la question... Le virus est venu de France (Commission 'Stassi'). Est-ce la confirmation du dicton ancien : "Quand il pleut à Paris, il bruine à Bruxelles" ?

Les origines.

L'origine du voile remonte loin. En Mésopotamie, il y a 4000 ans, le voile était déjà porté. Homère décrit Pénélope apparaissant voilée à ses prétendants. Le voile porté par les femmes en Arabie est une vieille coutume. Tertulien, qui vivait à Carthage au 3e siècle, le mentionnait déjà et le présentait comme modèle aux femmes chrétiennes.

A l'origine de l' Islam (7e siècle) cette coutume a donc été prise ailleurs. A Byzance, les riches chrétiennes avaient l'habitude de se couvrir pour que "l'homme de la rue" ne puisse pas les voir. Nos mères devaient bien porter un chapeau ou un foulard sur la tête dans nos églises. Certaines religieuses se promènent encore voilées de haut en bas.


Coran et habit des femmes.
Sourate 24,30-31. En ville les femmes doivent ramener leur voile de tête, "khimâr", sur leur gorge (intervalle entre les seins). Elles ne doivent pas se montrer dépoitraillées, comme les femmes des tribus qui voulaient exciter les combattants lors des guerres inter tribales. A noter que le khimâr est un vêtement aussi bien masculin que féminin.
Sourate 24,60. Après la ménopause les femmes peuvent abandonner le voile. Certainement encore une coutume locale,pas spécifiquement musulmane. Mais il est préférable pour elles de s'en abstenir.
Sourate 33,59. Les épouses du prophète, ses filles et les croyantes doivent bien s'envelopper dans leur jilbâb de façon à être reconnues et à ne pas être importunées. Le jilbâb aurait été le manteau de dessus qui appartenait à la tenue locale des femmes des villes et qui aurait englobé la tête.
Les références au Coran sont interprétées différemment par les écoles de droit islamique mais aucun verset n'impose explicitement le port du foulard. Ceux qui prônent le port de ce foulard se réfèrent cependant aux passages ci-dessus.


Les différents 'voiles' en Islam :
Le hijab, connu sous le nom de 'foulard' chez nous;
Le chador, qui entoure tout le corps et la tête (obligatoire en Iran);
Le niqab, qui en plus du chador cache le nez, la bouche et les joues;
La burqa, qui enveloppe complètement la femme, laissant une sorte de gaze devant les yeux (en Afghanistan).
Traditionnellement, pour la femme croyante, c'était et c'est toujours un honneur d'incarner les valeurs fondamentales de l'Islam par des caractéristiques externes, telles les vêtements. Ainsi beaucoup de musulmanes portent le voile islamique "pour être conformes aux prescriptions du Coran".

D'autres motivations poussent les femmes à porter le voile : la volonté de marquer son identité culturelle, de se défendre des avances des hommes...



Le voile à l'école

S'il est permis au Danemark, en Suède, en Espagne, en Italie, en Grèce, en Angleterre, n'oublions pas que le voile traditionnel est interdit en Tunisie, pays musulman.
En Allemagne, il est interdit dans deux états : Baden-Würtenberg et Bavière.
Aux Pays-Bas, les écoles peuvent interdire le port du voile s'il y a danger d'insécurité.
En France, défense de porter ostensiblement des signes religieux ou politiques à l'école.

En BELGIQUE, en communauté française, les écoles officielles et privées décident elles-mêmes. En Flandre, dans les écoles officielles le port du voile est permis ; les écoles libres et communales décident elles-mêmes.

Des écoles qui tolèrent le foulard ont préféré discuter au cas par cas et trouver des réponses avec leurs élèves.
Des règlements ont été adaptés : "Si le port du foulard est autorisé, la tenue vestimentaire doit rester européenne pour des objectifs d'intégration sociale et professionnelle. Il n'est pas accepté pendant les stages ou au cours de gymnastique".

Quelques positions...

Cardinal Daneels, (Discours du Nouvel An 2004)
"Chaque personne a le droit d'afficher publiquement ses convictions personnelles... Mais un signe religieux ou philosophique ne peut jamais devenir un instrument de pouvoir..." Shirin Ebadi, (iranienne, prix Nobel de la Paix 2003)
"L'école est un lieu d'émancipation pour les femmes et je défends la liberté de s'habiller comme on l'entend. Les femmes doivent pouvoir choisir leurs vêtements. Les fondamentalistes préféreraient qu'elles n'aillent pas à l'école. Alors si on les chasse pour des raisons vestimentaires,les fondamentalistes auront gagné le combat! Et on aura bafoué les principes des Droits de l'Homme et de l'égalité." Chahdortt Djavann, (iranienne, auteur de "Bas les voiles", éd.Gallimard. 2003)
"Le voile n'est nullement un simple signe religieux, comme la croix. Il définit et limite l'espace féminin. Ce n'est pas au nom de la laïcité qu'il faut interdire le port du voile... c'est au nom des Droits de l'Homme et au nom de la protection des mineurs."


Mais, à côté du "voile", il y a d'autres problèmes, politiques et sociaux : ce sont les vrais !

Problèmes d'intégration, de respect des cultures, de chômage, de précarité, de sécurité sociale... Beaucoup de musulmans immigrés sont, de facto, citoyens de seconde zone, subissant discrimination et exclusion.
Ceux qui soulèvent la question de l'interdiction du port du voile détournent l'attention des vrais problèmes.
Nous sommes d'une étonnante indulgence et tolérance pour l'"asservissement" de nos filles belges (les utiliser en bikini pour vendre une voiture ... les mettre en vitrine dans les rues de nos grandes villes... salaires réduits pour le même travail...) et d'une radicale intransigeance pour des signes d'"asservissement" dans le monde musulman...

...à réfléchir source
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