Un jour, j’irai vivre en Théorie parce qu’il paraît qu’en Théorie, tout va bien. (Les mots surpendus)

mardi 26 novembre 2013

Tuer pour accéder au Paradis

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Lolo
Les Haschichin
Les Haschichin sont entrés dans l'Histoire comme les premiers terroristes jamais connus. Utilisant le meurtre comme arme politique, ils ont acquis une célébrité telle qu'ils sont entrés dans le langage commun : c'est de leur nom que dérive le mot "assassin".

Tuer pour accéder au Paradis

Les Haschichin étaient considérés en leur temps comme la secte la plus dangereuse du monde : fondée en Perse par Hassan ibn al Sabbah, dit le "Vieux de la Montagne", elle était composée de jeunes fanatiques intégristes soumis à un entraînement d'une rigueur extrême. Selon la légende, le "Vieux" ouvrait une fois les portes du Paradis à ses disciples, leur permettant de goûter à l'amour, l'alcool et la drogue, et obtenait ensuite d'eux tout ce qu'il voulait. Ces derniers étaient en effet tous prêts à mourir pour retourner au ciel et assassinaient tous ceux qu'on leur demandait d'exécuter. Marco Polo, qui avait traversé cette région en 1273, racontait ainsi : "Va tuer Untel et Untel, et à ton retour, mes Anges te ramèneront au Paradis. Et même si tu dois mourir, j'enverrai quand même mes Anges qui se chargeront de te ramener au Paradis." Les "Assassins" tuaient ainsi tout personnage hostile à leur cause et aux intérêts du "Vieux", et se faisaient ensuite souvent exécuter.

En 1092, les Haschichin commettent leur premier crime : ils assassinent le vizir en personne, Nizâm al-Mulk. Dès lors, plus personne n'est en sécurité : gouverneurs, théologiens, princes, généraux, rois... Tous ceux qui déplaisent à la secte sont éliminés les uns après les autres. En 150 ans, l'influence de la secte s'étend de la Méditerranée jusqu’au fond du Turkestan. Au bout de cette période, la secte est cependant affaiblie : en 1258, sous le règne du 7e successeur d'Hassan, les Assassins ne parviennent pas à résister à l'attaque des Mongols. Ces derniers décident de les anéantir : recherchés dans toute l’Asie, les membres de la secte sont impitoyablement massacrés. Aujourd'hui, 8 siècles plus tard, on raconte que la secte existe encore en Perse, sur les bords de l’Indus et du Gange, dans les montagnes du Liban : les Assassins courent toujours...


Le fondateur de la secte, Hassan ibn al SABAH est né en 1040, à Rey (Perse), et a étudié à Nishapur, avec le futur grand vizir Nizam-el-Molk (une de ses premières victimes) et le poète, philosophe et mathématicien Omar Khayyam. Converti à l'ismaïlisme (branche hérétique de l'islam). Il mourut en 1124 mais est suivi par d'autres "Maîtres des Assassins", tout aussi redoutables.
Sa citadelle la plus célèbre fut Alamut , au coeur de l'Elbourz iranien
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Si l’intérêt pour cette secte dissidente musulmane connaît un regain, c’est que les médias, depuis l’attentat meurtrier du World Trade Center, se font fort de dresser des parallèles entre les méthodes employées par la secte du XIème siècle et celles utilisées par Al-Quaïda ! Certes, il existe d’évidentes similitudes entre les deux entités en question ; l’origine sociale des deux « leaders » par exemple, les méthodes de combats… Cependant on pourrait compter également le même nombre d’oppositions : nationalisme perse pour les « Assassins », internationalisme du recrutement pour Ben Laden, sanctuarisation du pouvoir en un seul lieu, Alamùt, chez les « Assassins », longue itinérance pour Al-Quaïda, meurtre politique du côté d’Alamùt, assassinat de masse chez Ben Laden… On peut finalement se demander si les méthodes utilisées par les terroristes ne sont pas toutes les mêmes : marquer les esprits en frappant lâchement des innocents au yeux de tous !
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Hassan ibn al Sabbah


Les ruines d'Alamut
Parfois les nuages reposent les gens d’admirer la lune - [Matsuo Bashô]
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