Un jour, j’irai vivre en Théorie parce qu’il paraît qu’en Théorie, tout va bien. (Les mots surpendus)

jeudi 20 février 2014

Des cliniques sans médecin pour traiter les cas mineurs

Selon ce que propose la FIQ, une infirmière... (Photo: Marco Campanozzi, La Presse)
Selon ce que propose la FIQ, une infirmière pourrait rencontrer des patients souffrant de problèmes de santé mineurs dans un édifice de quartier, ou encore dans une pharmacie.
Photo: Marco Campanozzi, La Presse

 
 

Pascale Breton
La Presse

Une clinique sans médecin? C'est l'idée amenée par les infirmières qui proposent un nouveau modèle où elles pourraient traiter en première ligne les patients aux prises avec des problèmes de santé mineurs.
Il faut favoriser un meilleur accès aux soins: Les groupes de médecine de famille (GMF) n'obtiennent pas les succès escomptés et la hiérarchie médicale n'y est pas étrangère, estime la présidente de la Fédération interprofessionnelle du Québec (FIQ), Régine Laurent.
«On n'a pas besoin de grandes cliniques qui se retrouvent toujours un peu sous une hiérarchie médicale», affirme-t-elle.
La FIQ propose la création de «cliniques de proximité». Dans un local qui pourrait être aménagé dans un édifice du quartier, voire une pharmacie, une infirmière pourrait rencontrer des patients souffrant de maladie chronique, par exemple. Elle ferait un suivi avec eux, ajusterait leur médication et ferait au passage de l'enseignement et de la prévention.

D'autres professionnels comme des ergothérapeutes ou des travailleurs sociaux pourraient se greffer à l'équipe.
Actuellement, les patients «doivent faire la file devant une clinique à 7h le matin pour faire ajuster leur médication», dénonce Mme Laurent. «Est-ce que toute la population a vraiment besoin que la porte d'entrée soit un médecin? Non.»
Beaucoup d'opposition
La loi 90 prévoit déjà le transfert de certaines responsabilités, notamment au moyen d'ordonnances collectives. Mais dans les faits, elle fait encore face à beaucoup d'opposition.
Dans les hôpitaux, les conseils des médecins, dentistes et pharmaciens s'opposent régulièrement à déléguer des tâches, affirme Mme Laurent.
«Il faut une réelle volonté d'agir», lance-t-elle en interpellant le ministre de la Santé. La création de cliniques de proximité dégagerait les médecins qui pourraient se concentrer sur les patients dont l'état de santé est plus problématique et complexe.
Dans le cadre de sa réflexion, la FIQ propose aussi de revoir le modèle d'hébergement pour les personnes âgées. Avec l'aide de partenaires locaux, la FIQ veut mettre en place «des maisons de retraite à échelle humaine» où les résidants seraient impliqués dans les décisions.
«On va arrêter de mettre les personnes âgées dans des grosses bâtisses à 200 lits qui décident pour elles», lance à Mme Laurent.
Les intentions de la FIQ n'ont pas tardé à susciter des réactions. La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) l'accuse de vouloir faire une campagne de maraudage auprès des travailleurs sous le couvert d'améliorations
du système de santé.
La FIQ s'en défend, même si elle propose de créer une nouvelle organisation avec d'autres professionnels de la santé pour «unir les forces» afin de mettre en place les idées proposées.
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