Un jour, j’irai vivre en Théorie parce qu’il paraît qu’en Théorie, tout va bien. (Les mots surpendus)

lundi 24 mars 2014

Deux semaines décisives pour surmonter la propagande fédéraliste et faire toute la lumière sur la corruption libérale

Le doute est toxique
Campagne électoral Cette guerre ne nous laisse aucun autre choix que la victoire

Richard Le Hir



Toute élection est toujours durement contestée. S’il est sain en démocratie qu’il en soit ainsi, ça le devient beaucoup moins lorsque se mettent à apparaître des signes de violence et de fraude.

Avant que vous ne me disiez qu’on ne rapporte jusqu’ici aucune violence à part des destructions de pancartes, laissez-moi vous rappeler que la violence n’est pas que physique. Il y a aussi la violence psychologique.

Le mot violence a la même étymologie que le mot viol. Lorsqu’on tente à votre insu de manipuler votre opinion en faussant votre perception de la réalité pour vous faire agir selon de fausses prémisses, il y a viol de votre conscience, et ce viol est un acte violent sur le plan psychologique même s’il ne l’est pas sur le plan physique.

La violence psychologique est aussi condamnable que la violence physique, et le fait qu’elle ne soit pas toujours facilement reconnaissable ou qu’il soit parfois difficile d’en identifier précisément le ou les auteur(s), et donc d’en tenir quelqu’un criminellement responsable, constitue un facteur aggravant en raison du sentiment de toute puissance et d’impunité qu’elle confère à ceux qui en usent.

Notons également que ce n’est pas parce que ce genre de violence n’a encore jamais fait l’objet d’une dénonciation judiciaire et qu’il n’y a pas de jurisprudence en la matière qu’il n’y aurait pas motif à le faire. En fait, l’utilisation de plus en plus répandue des techniques de manipulation de l’opinion rend inévitable un recours prochain à la justice pour limiter cette pratique.

Vous avez évidemment deviné que c’est de sondages qu’il s’agit ici. Depuis le début de la campagne électorale, les médias et l’opposition ne cessent de faire dire aux sondages des choses qu’ils n’ont pas dites, et de rapporter les conclusions de sondages à la fiabilité douteuse. Nous en sommes même rendus au point où des analystes pourtant réputés spéculent sur des résultats non validés et énoncent comme vérité d’évangile les conclusions de leurs spéculations.

Comme les médias sont pour la plupart dominés par des intérêts qui non seulement s’opposent au parti actuellement au pouvoir mais dont la survie même et l’essor dépendent de son éradication, ils sont rapidement parvenus à créer un climat de doute sur les chances du PQ de former un gouvernement majoritaire comme il en était encore question en début de campagne, ou même de reformer un gouvernement minoritaire.

Il fallait s’y attendre, c’est avec des boulets rouges qu’ils ont accueilli la candidature de Pierre-Karl Péladeau bien qu’il s’agisse très certainement de l’événement politique le plus significatif depuis le référendum de 1995. C’est justement parce qu’il avait cette portée qu’il leur fallait par tous les moyens en minimiser l’importance. Leur jeu a été facilité par la profession de foi inconditionnellement indépendantiste de PKP qui faisait apparaître la perspective d’un référendum à court terme

Étant parvenus au fil des années à diaboliser l’idée même d’un référendum qui n’est pourtant qu’une occasion pour la démocratie de s’exprimer, ils ont cherché à polariser l’opinion pour faire le plein des votes fédéralistes sous la houlette du PLQ alors qu’ils avaient justement tenté à l’élection précédente de lui créer une alternative avec la CAQ.

L’incapacité de celle-ci à s’ancrer solidement dans l’électorat lui vaut aujourd’hui d’être rejetée pour le rôle qu’elle joue dans la division du vote fédéraliste.

Et regardez-les ignorer les questions pourtant très légitimes que soulève la candidature de Philippe Couillard au poste de premier ministre. Comme le souligne si justement notre collègue Mario Pelletier, « jamais un candidat ne s’est présenté pour être premier ministre avec des antécédents aussi problématiques ». La seule réponse de Couillard a été de dire qu’il s’agissait de « niaiseries », et elle n’est pas plus passée au crible que ne l’était celle d’Henri-Paul Rousseau qui attribuait à un « mystère de la vie » la perte de 40 milliards à la Caisse de dépôt en 2008.

Il ne s’agit plus de complaisance, il s’agit de complicité, et elle n’est pas à l’honneur de la profession journalistique.

Il fut un temps où l’on retrouvait à Radio-Canada la crème de la profession. À cette époque, sa loi constitutive ne lui créait pas l’obligation de promouvoir l’unité canadienne et le multiculturalisme comme c’est le cas aujourd’hui. Radio-Canada est malheureusement devenue une vulgaire officine de propagande fédéraliste et ses journalistes en sont réduits à être les porte-voix de cette option.

Si certains parviennent encore de peine et de misère à maintenir à tout le moins les apparences de l’objectivité professionnelle, d’autres s’en soucient comme d’une guigne et se vautrent avec un délice apparent dans la partisannerie la plus crasse. Je n’ai même pas besoin de donner leur nom, vous les connaissez, et ils se reconnaîtront.

Chez Gesca, filiale de l’Empire Desmarais, les choses sont claires. Éditorialistes et chroniqueurs sont clairement fédéralistes sauf l’imprévisible Foglia, autant capable d’accoucher d’un plaidoyer « pro domo » que d’une apologie de l’indépendance. Il fait office de fou du roi. Chez les journalistes, c’est plus subtil, mais la ligne maison finit par s’imposer quand la maison recrute des proches du parti libéral.

Chez Québecor, c’est l’auberge espagnole. C’est à la fois son pire défaut et sa plus grande vertu. Le meilleur côté de la chose, c’est qu’il s’y dit et écrit des choses qu’il n’est plus du tout possible d’entendre ou de lire ailleurs.

Reste Le Devoir qui n’est plus que l’ombre de ce qu’il a déjà été, même du temps de Claude Ryan dont le parti-pris éditorial en faveur du fédéralisme et du PLQ était pourtant bien connu. C’est le nerf qui manque, ce nerf qui n’a jamais manqué à Lise Bissonnette, par exemple. Tout le monde se souvient de son éditorial de trois lettres en 1995.

Depuis lors, Le Devoir flotte dans « le marshmallow ». Plus moyen de savoir à quelle enseigne il loge et à quelles valeurs il se rattache. On voit mal Le Devoir d’aujourd’hui entreprendre la traque systématique du PLQ dans le dossier de la corruption comme il l’avait fait contre l’Union Nationale du temps du scandale du gaz naturel à la fin des années 1950.

Dieu sait pourtant que les écuries des Augias de notre époque sont crottées et qu’elles exigent d’être lavées à grande eau. Ceux qui s’imaginent que la Commission Charbonneau va faire le tour de la question se mettent le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate. Elle ne fait qu’effleurer la surface.

Le pire est à venir, comme nous le découvrirons d’ici la fin de la campagne électorale, et le fait que la révélation ne nous en sera pas faite par nos médias traditionnels constitue la meilleure indication de leur déchéance et de leur asservissement à des intérêts particuliers qui n’ont rien à voir avec le bien commun.

Malgré cela, il demeure possible que nos Augias soient parvenus à semer suffisamment la confusion et à tricher suffisamment fort pour que le PLQ reprenne le pouvoir. Si tel devait être le cas, et aussi crève-cœur la défaite pourrait-elle être, il faudrait reprendre le collier le lendemain matin à la première heure, se rouler les manches et se cracher dans les mains. Cette guerre-là ne peut pas se terminer autrement que par la victoire, et nous y parviendrons. Comme le disaient les héros de ma jeunesse, à cœur vaillant, rien d’impossible !

Le désarmement moral, ce n’est pas pour nous. Il en va de notre existence. Et tant qu’à savoir que nous n’en avons pas le loisir, pourquoi ne pas redoubler d’efforts et faire dès maintenant ce qu’il faut pour remporter la victoire tout de suite.

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