
Droits de l'homme – Sites inaccessibles, contenus supprimés, réseaux sociaux bloqués... Plus de soixante pays censurent la Toile. Exemples. Louise Couvelaire
Inde. Le 24 décembre 2011, un tribunal de New Delhi a ordonné à vingt-deux réseaux et sites Internet, dont Google, Yahoo! ou Facebook, de supprimer de leur contenu toutes les publications jugées " désobligeantes " à l'égard de certaines communautés, tels les propos " antireligieux " ou " antisociaux ". Les sites visés par cette décision de justice ont jusqu'au 6 février pour s'y conformer et présenter l'ensemble des mesures prises. Cela faisait plusieurs semaines que le ministre des communications mettait la pression sur les entreprises concernées.
Chine. A Pékin et dans la province du Guangdong (récemment agitée par des conflits sociaux et des manifestations), l'utilisation d'un pseudonyme est désormais interdite : depuis mi-décembre 2011, les internautes doivent s'identifier sous leur vrai nom s'ils veulent ouvrir un compte de microblogs (weibo en chinois). Cette mesure restrictive est officiellement destinée à " promouvoir une culture saine de l'Internet ". Officieusement, le Parti communiste se méfie des informations " non contrôlées " qui circulent sur la Toile. D'autant que les Chinois sont devenus de fervents micro-blogueurs : dans les six premiers mois de l'année 2011, leur nombre a triplé. Ils sont plusieurs centaines de millions à y dénoncer les abus de pouvoir et la corruption des fonctionnaires. Début décembre, les autorités chinoises avaient déjà fermé 206 comptes de micro-blog pour avoir diffusé des contenus vulgaires et pornographiques.
Russie. Dans la matinée du 4 décembre 2011, le jour des élections législatives, au moins cinq sites Internet d'information indépendants sont soudain devenus inaccessibles. La veille déjà, plusieurs blogueurs russes avaient dénoncé une cyberattaque contre la plate-forme hébergeant leurs blogs. Le lendemain des élections, le blogueur star Alexeï Navalny était arrêté au cours d'une manifestation (avec 300 autres opposants) et condamné à quinze jours de prison : il avait lancé sur Internet une campagne contre la corruption du régime de Vladimir Poutine et avait ouvertement contesté les résultats des élections en dénonçant une fraude.
Pakistan. Afin de mieux contrôler les réseaux virtuels privés (VPN) permettant aux usagers de se connecter à Internet de façon anonyme, sécurisée et à moindre coût, l'autorité des télécommunications pakistanaise a demandé, fin août 2011, aux fournisseurs d'accès à Internet de transmettre les coordonnées des clients qui utilisent ces services. Le Pakistan a expliqué sa décision par la volonté de bloquer les réseaux de communication des terroristes présumés. Un mois auparavant, l'accès au site du magazine américain Rolling Stone avait été neutralisé, après la publication d'un article consacré aux dépenses de l'armée pakistanaise. En mai 2010 déjà, le pays avait bloqué l'accès au site de partage de vidéos YouTube et au réseau social Facebook.
SOURCE
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire