L’intelligence artificielle sera au coeur d’une nouvelle révolution industrielle qui bouleversera l’économie mondiale
Des emplois sont en péril avec non seulement la robotisation des métiers décisionnels grâce à l’intelligence artificielle, mais en raison de l’automatisation de «jobs de bras». Le robot Baxter en est un bon exemple. Il a fait à notre journaliste une démonstration de sa capacité à manipuler des objets, lors d’une visite au CRIQ, à Québec. On le voit ici placer des balles de tennis dans des cavités.
Jean-Nicolas Blanchet
Les reins seront imprimés, la peinture générera de l’électricité, la moitié des emplois se transformeront, le monde du transport ne sera plus le même, des robots invisibles vous parleront et feront une partie de vos tâches ménagères. Ce ne sont plus seulement des hypothèses, ça commence. La tempête de la quatrième révolution industrielle est à nos portes.
230 millions d’emplois dans le monde sont voués à disparaître ou à se transformer radicalement dans la décennie selon l’Institut de recherche Mckinsey Global, qui anticipe des impacts économiques de près 7000 milliards de dollars.
«Encore trop peu de gens sont conscients de l’ampleur de la tempête. Ça va frapper. La révolution numérique va influencer radicalement l’économie mondiale», avance Jean-François Gauthier, président de l’Institut de gouvernance numérique du Québec, qui veut aider les institutions à faire la transition.
«Dans cinq ans, les robots domestiques coûteront moins de 2000 $. Ça deviendra un objet d’utilité courante. Ce n’est plus de la science-fiction. Ils sont vrais, ces robots. On peut jaser avec eux. Ils vont débarquer», poursuit M. Gauthier.
Cette révolution soulève déjà des défis importants dans plusieurs domaines. Des emplois et des revenus s’envolent déjà. Des secteurs économiques quémandent l’argent public pour survivre.
Les pays doivent se positionner pour éviter d’être «colonisés» par cette révolution, explique-t-il. «Le Québec doit se donner les moyens d’être parmi ceux qui vont créer la richesse. Il faut prendre le virage, comprendre l’urgence» et éviter de trop verser dans la culture «protectionniste», dit-il.
Comment: Quel que soit le chemin emprunté, celui-ci semble décidément devoir nous conduire à notre perte. Si la guerre ne nous annihile pas, si la pollution ne nous brise pas, si les changements terrestres ne nous balayent pas, qui sait si l'avenir biotechnologique imaginé par certains ne parviendra pas, lui, à signer la fin de notre espèce. Les progrès de la science ne sont pas mauvais en eux-mêmes. Qui, après en avoir été privé, n'aimerait pas recouvrer la vue, l'ouïe ou l'usage de ses deux jambes, si l'occasion lui en était donnée ? Nous constatons pourtant que quel que soit le domaine concerné, une pensée infectée semble pervertir l'ensemble des réalisations humaines. Le domaine scientifique ne fait pas exception. Prisées par les psychopathes ou les psychologies ponérisées en charge d'un quelconque pouvoir, la science et la technologie offrent une voie royale à la domination, facilitant l'application des contraintes, des lois et des obligations créées par ces êtres à la mentalité dérangée. Le progrès devenant coercitif, obligatoire ; le plaisir et la joie devenant dépendance et inassouvissement.
Seriez-vous prêt à céder votre corps à un organisme mondial à la technologie transhumaniste sous le contrôle de transnationalistes ? Où bien choisirez-vous le Trexit[1] ?
Le Secrétaire d'État américain John Kerry a récemment invité un groupe d'élèves de la Northeastern University à se pencher sur l'avenir avec lui. Comme s'ils regardaient dans une boule de cristal, Kerry a exhorté son auditoire à concevoir un monde sans nations ni frontières[2]. Imaginez. Un seul monde. Pas de frontières. Cela semble merveilleux, futuriste, plein d'espoir.
Il s'agit de la vision du monde transcendant des trans-nationalistes. Le Trans-nationalisme est un nouveau type de conscience. Aussi appelé mondialisme, c'est un agenda social, ou révolution, développé à partir de l'accélération de l'inter-connectivité et l'interdépendance axée sur la technologie entre les personnes et l'importance économique et sociale du recul des frontières entre les États-nations.
http://www.huffingtonpost.fr
Paul Jorion n'est pas de ceux qui vous redonnent foi en l'avenir. Dans son dernier ouvrage Le dernier qui s'en va éteint la lumière, l'anthropologue estime qu'il ne reste que deux ou trois générations à l'humanité avant de disparaître. Pour Nom de Zeus, il explique pourquoi la fin est si proche. Entretien pré-apocalypse.
Paul Jorion est de ces personnages inclassables. Chercheur en sciences sociales, anthropologue (un temps élève de Claude Levi-Strauss) il a également enseigné à Cambridge dans les années 1980 une matière que l'on n'appelait pas encore intelligence artificielle, avant de travailler dix ans dans l'antre du diable : le milieu financier des subprimes au début des années 2000. Décrit tantôt comme un prophète de malheur, tantôt comme celui-qui-avait-annoncé-la-crise-mais-qu'on-n'a-pas-écouté, l'homme emprunte autant à Jacques Attali qu'à Frédéric Lordon ou Thomas Piketty. Dans son dernier ouvrage, il n'annonce pas moins que "l'extinction de l'espèce humaine d'ici deux ou trois générations."
Retrouvez plus d'articles sur Nom de Zeus. S'il utilisait les canaux politiques et idéologiques habituels, on pourrait dire que Le dernier qui s'en va éteint la lumière est un ouvrage férocement anti-capitaliste. Mais la charge est plus subtile. Et ne laisse aucune chance. À l'homme, à la Terre, à l'économie. Selon l'auteur, "il y a trois domaines dans lesquels on peut constater une totale perte de contrôle de l'humain: la crise environnementale, ce système financier au bord de l'implosion et notre incapacité à faire face à la complexité robotisation de la société". Les cavaliers de l'apocalypse opèrent désormais en trio. Trahis par notre environnement
L'environnement, en premier lieu. "Les scientifiques et climatologues, même les plus optimistes, estiment que même si nous maintenons une hausse de 2° d'ici la fin du siècle, ce sera une vraie catastrophe. Or nous semblons plutôt nous orienter vers une hausse de 3° ou 4°. Même en considérant qu'on tienne nos engagements, ce que l'on n'a jamais réussi à faire, les catastrophes semblent inévitables, et les prochaines générations connaitront des ouragans dans l'Atlantique , El Nino pourrait s'arrêter, le niveau des mers augmentera, etc."
"L'environnement nous trahi, car nous l'avons colonisé de façon brutale et non durable. J'ai l'habitude de dire que nous utilisons 1,6 planète par an. Pas besoin d'être très doué en maths pour voir que nous allons rapidement être confrontés à une limite". Pour certaines études, la limite pourrait être encore plus proche. L'ONG Global Footprint Network estime ainsi que si nous conservons notre rythme de consommation, nous aurons besoin de deux planètes en 2030. Après la relative euphorie de la COP21, c'est la douche froide. "L'exemple de la COP 21 est symptomatique. Nous nous moquons des traités. Nous sommes très doués pour les faire, mais jamais pour les mettre en œuvre". Alors, comment éviter l'inévitable ? "Je ne crois pas beaucoup aux initiatives individuelles. Les "survivalistes égoïstes", qui pensent que tout ira mieux s'ils se mettent au vélo et entretiennent leur potager sont dans le déni, tranche l'anthropologue. La solution ne pourra être que collective et économique. Il faudrait investir massivement et mettre tout le monde au travail au service d'un objectif mondial".
Finance: un système au bout du rouleau
Notre système financier est incapable de gérer cette crise. Et pire, il l'aggrave. "Notre modèle économique est tel, que nous sommes obligés de faire de la croissance. Sauf que cette croissance ne tient absolument pas compte de ce que l'on appelle externalités négatives, comme par exemple la pollution ou la crise environnementale. Par-dessus le marché, nous tenons à notre État-providence, mais nous l'avons fait reposer uniquement sur cette même croissance". Pour l'auteur, seule la décroissance permettrait donc d'éviter le cataclysme environnemental.
Pour Paul Jorion, notre système s'est enfermé dans une vision court-termiste où l'économie s'est faite phagocyter par la spéculation et la recherche sans bornes de profits. "Une finance bien gérée, c'est le système sanguin de l'économie, c'est vital. Une seule de toutes les fonctions de la finance est véritablement létale, c'est la spéculation. Or le pêché originel est d'avoir fait entrer la spéculation dans l'économie en 1885. Pour filer la métaphore, la spéculation est une ponction sanguine. Fatalement, si vous ponctionnez trop, vous risquez de faire face à quelques problèmes" Paul Jorion : "Il faut supprimer la spéculation" par Challenges
"Nous avons déjà eu plus qu'un avertissement en 2008 mais nous n'en tenons absolument pas compte. Le système financier actuel espère seulement revenir à une situation identique à celle d'avant 2008, ce qui est totalement absurde". Et l'absurdité, Paul Jorion la pointe du doigt à travers ce chiffre qu'il aime répéter: "en 2012, les 1% les plus riches des États-Unis ont pris 120% des richesses". Autrement dit, non contents de rafler la totalité de la mise, les plus gourmands tapent désormais dans la caisse de l'année suivante. Là encore, difficile d'envisager qu'un tel système puisse être pérenne.
Paradoxalement, le chercheur indique que "l'écoute la plus attentive de propos comme les miens est chez ces mêmes 1%". Citant l'engagement de Bill Gates ou Warren Buffet, Paul Jorion estime "qu'il est indispensable que ces plus riches, ces décideurs, soient impliqués dans ce changement".
Par ailleurs, l'ouvrage évoque longuement la robotisation de la société et son impact social, notamment sur le travail. "Si plus personne ne travaille, alors la richesse reviendra aux prêteurs et aux dirigeants, estime Paul Jorion. Or la robotisation doit profiter à tout le monde, d'où l'idée de Taxe Sismondi, que j'avais déjà évoqué auparavant. Il s'agit de taxer les entreprises de façon que tout individu remplacé par un robot reçoive à vie une rente perçue sur la richesse créée par ce robot". Les robots nous poussent vers la sortie
Car c'est là le troisième point. La complexité des systèmes automatisés nous échappe. "Nous demandons de plus en plus aux robots et ordinateurs de prendre en charge des problèmes que nous avons nous-même créés. Il y a un exemple frappant, c'est la Bourse. Aujourd'hui, le nombre de tâches effectuées par les machines est effrayant, vous pouvez quasiment allumer le robot, le faire mouliner toute la journée et clôturer tranquillement le soir sans vous être occupé de rien. Le problème, c'est qu'une partie du système tenait au fait que les erreurs humaines s'annulaient entre elles. Les robots faisant moins d'erreurs, le système peut continuer sa fuite en avant sans être freiné par l'Homme". Nous avons lancé le processus de deuil de notre propre espèce
"On ne cherche plus de la vie, mais des civilisations perdues. Trouver dans l'espace des êtres ayant besoin d'eau et d'air semble compliqué. On cherche donc des êtres ayant été un jour intelligents au point de maîtriser l'atome et s'étant éteints, laissant derrière eux des machines "intelligentes" qui leur survivront. Cette idée est l'aveu que nous avons lancé le processus de deuil de notre propre espèce".
Les progrès en robotique et en intelligence artificielle sont impressionnants, mais peut-on en déduire que les robots remplaceront les hommes ? "À chaque fois que l'on dit "telle activité ne peut être exercée que par un humain", un système robotisé finit par s'y mettre. On l'a vu récemment avec la victoire d'AlphaGo au jeu de Go, qu'on prédisait impossible il y a quelques années. Nous ne sommes plus liés à la loi de Moore, mais à la multiplication des systèmes cognitifs. J'avais écrit en 1989 que la dernière chose qui restera sera l'appréhension émotionnelle ou affective, je n'ai pas changé d'avis". Paul Jorion : "Il faut supprimer la spéculation"par Challenges
Pour l'anthropologue, nous ne survivrons pas "à travers" les machines comme peuvent l'imaginer Ray Kurzweil et les transhumanistes. "Les idées d'immortalité et d'infini développées par le transhumanisme sont empreintes d'un message messianique auquel je ne souscris pas du tout. Je crois aux robots, pas aux cyborgs". Cette quête d'immortalité à travers la technologie témoigne justement de notre incapacité à envisager la fin qui nous guette, estime-t-il.
Au milieu de tout ça, existe-t-il des solutions ? "Il faut avant tout créer une masse critique de gens conscients. C'est ce que j'essaie de faire à travers mes livres, et ce que d'autres font également. Je crois qu'une réaction mondiale collective pourrait empêcher la catastrophe, mais en a-t-on vraiment envie ?"
Et lorsqu'on lui demande comment il imagine notre monde en 2100, la réponse est sans appel. "D'ici la fin du siècle, nous constaterons une réduction massive de la population mondiale. Nous nous trouvons actuellement dans une crise proche de celle de 1914. Et je crains que notre espèce ne se serve des solutions classiques pour la résoudre. Et si nous venions à engendrer un conflit mondial, cela me parait très improbable qu'on n'utilise pas d'arme atomique". Une guerre nucléaire avant la fin du siècle, donc. Voilà qui manquait certainement au joyeux tableau.
À la lumière de cette interview, on comprend mieux le sous-titre de son ouvrage : "Essai sur l'extinction de l'humanité".
Le Pentagone a commencé à travailler sur un projet censé permettre d’implanter une puce dans le cerveau des soldats et de les relier de cette façon à des ordinateurs. Cet ambitieux projet est intitulé Neural Engineering System Design (NESD). Le but de cette recherche est de parvenir à créer une puce biocompatible qui pourrait être ensuite insérée dans le cortex cérébral, de manière à servir d’intermédiaire direct entre le système des neurones et de leurs neurotransmetteurs et le langage binaire de l’informatique.
Le nouveau programme de la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) vise à développer une interface neuronale à implanter qui sera en mesure de fournir une qualité de signal sans précédent et un moyen de transfert de données entre le cerveau humain et le monde numérique. L’interface pourrait servir de traducteur, faisant la conversion entre la langue électrochimique utilisée par les neurones dans le cerveau et le langage binaire qui constitue la langue de la technologie de l’information. L’objectif est de parvenir à intégrer ce lien de communication dans un dispositif biocompatible ne dépassant pas la taille de un centimètre cube, soit à peu près le volume de deux pièces de 10 centimes empilées dos à dos.
Le programme NESD a pour objectif de développer des systèmes qui peuvent communiquer de façon claire et individuellement avec un ou plusieurs des un million de neurones dans une région donnée du cerveau. La DARPA prévoit d’investir jusqu’à 60 millions de dollars dans le programme NESD, qui seront répartis sur quatre ans. La réalisation des objectifs ambitieux du programme et l’assurance que les dispositifs envisagés auront le potentiel pour être utilisables à l’extérieur d’un établissement de recherche nécessitera des percées dans de nombreux domaines, comme en particulier les neurosciences, la biologie synthétique, l’électronique à faible puissance, la photonique, l’emballage et la fabrication des dispositifs médicaux, l’ingénierie des systèmes, et les essais cliniques.
Le programme NESD, va permettre d’améliorer considérablement les capacités de recherche en neurotechnologies et de fournir une base pour de nouvelles thérapies. Par ailleurs, la puce compenserait les déficits de la vue ou de l’audition des militaires, car elle collecterait des données directement depuis leur cerveau. Ainsi, outre le domaine militaire, le NESD pourrait trouver une grande utilité dans les recherches neurologiques et les patients atteints de troubles visuels ainsi qu’auditifs.
Cela ressemble à de la science fiction mais la prouesse est bien réelle : dans une étude parue dans Nature Nanotechnology, des chercheurs de l'université de Harvard et du centre national pour les nanosciences et la technologie de Pékin décrivent comment ils ont réussi à injecter directement de l'électronique dans le cerveau de souris.
Implanter de l'électronique dans le cerveau, cela n'est pas complètement nouveau. La stimulation cérébrale profonde est en effet déjà utilisée pour traiter différentes pathologies depuis des décennies. Mais, comme l'explique Charles Lieber, principal auteur de ces travaux, les nanostructures dont il est question ici opèrent à une échelle complètement différente. De plus, les techniques existantes sont implantées de manière chirurgicale et présentent des inconvénients : elles peuvent causer une inflammation du tissu, d'où la nécessité de changer périodiquement la position de la sonde ou la stimulation.
Ici, le processus de fabrication du « nanomaillage » imaginé par les chercheurs commence par une couche soluble déposée sur un substrat. Puis les chercheurs déposent une maille de « nanofils » pris en sandwich dans des couches de polymère organique. La première couche est alors dissoute, laissant la maille flexible ; ce maillage est enroulé de manière compacte pour entrer dans une aiguille de seringue de 100 µm de diamètre et administré par injection dans le crâne d'une souris.
Les résultats obtenus montrent que les composants électroniques peuvent être injectés dans des cavités biologiques de même que dans des tissus et des gels denses, avec un rendement du dispositif supérieur à 90 %. Cette électronique flexible injectée dans le cerveau de souris n'a entraîné ni rejet ni réaction immunitaire importante sur une période de cinq semaines. La maille pouvait créer un réseau avec des neurones sains et permettait de réaliser des enregistrements : les chercheurs ont ainsi pu suivre l'activité cérébrale de l'animal en causant peu de dommages aux tissus cérébraux environnants.
Les chercheurs imaginent de nombreuses applications biomédicales chez l'Homme et en neurosciences : « C'est vraiment passionnant : il y a beaucoup d'applications potentielles ». Ce nouveau système permettrait de nouvelles possibilités de traitement dans le cas de dommages cérébraux créés par un AVC ou par une maladie de Parkinson. Cette nouvelle stratégie pourrait aussi être utilisée pour suivre de manière continue le fonctionnement du cœur ou du cerveau. Commentaire : Les chercheurs en médecine ne sont sans doute pas les seuls à se frotter les mains. Dirigeants de l'ombre, militaires et politiques, tous ont de quoi saliver.
Est ce que la mise en garde du Pr Hawkins qui lors d’une interview à la BBC en 2014, au sujet de l’intelligence artificielle déclare : « Les
formes d’intelligences que nous avons déjà se sont montrées très
utiles. Mais je pense que le développement d’une intelligence
artificielle complète pourrait mettre fin à la race humaine. Les humains
limités par une lente évolution biologique, ne pourraient pas rivaliser
et seraient dépassés » ne fait pas réfléchir? L’ère des « Terminator » approche?
Il ne s’est encore jamais trompé. Ray Kurzweil, le
futurologue de Google, a été l’un des premiers à prophétiser qu’un jour
un ordinateur battrait un homme aux échecs. Cette fois-ci, il a
développé la loi du retour accéléré, soit un progrès illimité de plus en
plus rapide avec pour conséquence que l’immortalité devienne réalité.
Atlantico : Ray Kurzweil a théorisé la loi du retour accéléré. Elle fait
écho à la loi de Moore du nom du co-fondateur d’Intel qui affirmait en
1965 que la puissance des ordinateurs allait croître de manière
exponentielle. Que signifie la loi du retour accéléré ? Comment
fonctionne-t-elle ?
Laurent Alexandre : C’est une extension de la
loi de Moore à toutes les technologies liées aux nanotechnologies, aux
biotechnologies, à l’informatique et aux sciences cognitives (les NBIC).
Elle consiste à dire que toutes les activités humaines vont croitre
dans les décennies qui viennent de façon absolument explosive comme la
puissance des ordinateurs a cru de manière explosive depuis 1965. A
son époque, Gordon Moore estimait que sa loi s’arrêterait en 1975.Or, en
2015 elle tient toujours. On a toujours une progression exponentielle
de la puissance des microprocesseurs.
Ray Kurzweil et les transhumanistes sont persuadés que
les lois identiques à cette loi de Moore sont en train d’émerger dans
les sciences du cerveau, dans les nanotechnologies, dans le séquençage
et la manipulation de l’ADN… L’idée c‘est que l’évolution des capacités humaines suit une succession de courbes exponentielles.
Il s’agit de courbes qui montent à la verticale et de plus en plus
vite. Concrètement, la loi du retour accéléré donne un pouvoir à l’homme
qui devient quasi illimité sur son cerveau et sur la matière.
"Un humain presque parfait" est un documentaire sur l'homme bionique en
préparation, un humain "augmenté" dont il est fait l'apologie.
Comme d'habitude, l'alibi des utilisations médicales est utilisé pour
ouvrir la brèche dans la résistance instinctive du "public".
On est là en plein dans les stratégies à long terme du Cartel (les "maitres du monde"):
- faire entrer les machines (et le "système") dans les corps
- rendre floue la frontière entre le vivant et la machine
- rendre les implants désirables (en faire des objets "tendance")
Le transhumanisme est nouvel eugénisme, un nouveau projet chimérique de
création de "sur-hommes", faisant des humains non augmentés des
sous-hommes.
On se demande si l'absence totale se sens critique du documentaire est
délibérée ou si les journalistes n'ont pas passé assez de temps sur le
sujet... A un moment quand même, un scientifique français s'interroge:
"qu'est-ce qu'on veut faire de l'humain? on ne sait pas..."
Effectivement, aucune réponse à cette question n'est donnée au public
ordinaire, mais en haut lieu, on sait très bien ce qu'on veut faire de
l'humain: une machine obéissante, "consommante", plus performante au
travail, et surtout, dénuée de sens critique.
Ce doc est aussi un festival des horreurs style Dr Mengele, infligées à
des animaux (à défaut de pouvoir déjà le faire sur des cobayes humains):
électrodes dans le cerveau d'un singe, bébé chèvre sortie prématurément
du ventre maternel pour lui faire poursuivre son développement dans un
utérus artificiel (et qui n'a survécu que 4 semaine après sa sortie de
l'utérus artificiel), etc.
L'industrie médicale voit dans l'utérus artificiel un nouveau marché
prometteur, et aux USA, 55% des gens ne voient pas d'inconvénients à
l'utérus artificiel comme alternative à la grossesse.
Laurent
Alexandre est une personnalité atypique dont l'expertise est écoutée.
Chirurgien urologue de formation, diplômé de l'ENA, HEC et Sciences-Po,
cofondateur de Doctissimo.fr, il préside désormais la société de
séquençage de génome DNA Vision. Ce "cerveau" s'intéresse "aux
bouleversements qu'entraîneront pour l'humanité les progrès de la
science, de la technomédecine et des biotechnologies". Il y a consacré
un essai remarqué intitulé La Mort de la mort dans lequel il affirme que "l'homme qui vivra 1.000 ans est déjà né".
Google est le premier embryon d'intelligence artificielle au monde, selon vous. Pourquoi? L'objectif
des dirigeants de Google est de transformer leur moteur de recherche en
intelligence artificielle. Progressivement ils s'en rapprochent. En
fait, personne ne l'a vu venir, ni les utilisateurs quotidiens du moteur
de recherche, ni ses concurrents. Il a fallu du temps pour que la
stratégie des dirigeants de Google soit comprise. Je suis bluffé par la
vitesse à laquelle cette société contrôle les industries clés du XXIe
siècle.
Expliquez-vous… Regardez
la vague de rachats de start-up et de sociétés auxquels Google procède!
En deux ans, cette entreprise a réussi à préempter trois marchés clés.
Celui de la lutte contre la mort : elle a créé Calico, une filiale qui a
cet objectif fou d'augmenter l'espérance de vie de vingt ans d'ici à
2035. Elle a investi dans le séquençage ADN avec sa filiale 23andMe,
mais aussi dans un projet de lentilles intelligentes pour les
diabétiques, qui mesurent en temps réel votre glycémie. Parallèlement et
en moins d'un an, Google a racheté les huit principales sociétés de
robotique. Dont Boston Dynamics, qui crée le chien robot "BigDog" pour
l'armée américaine, ou Nest, leader mondial de la domotique et des
objets intelligents… Pendant ce temps, sa Google Car, un mélange
incroyable de robotique et d'intelligence artificielle, roule seule sur
des milliers de kilomètres sur les routes de Californie sans accident.
Si en l'an 2000 vous évoquiez l'idée d'une voiture robot autonome, tout
le monde riait! En 2025, elle sera démocratisée. Enfin, depuis quelques
années, Google débauche les plus grands noms de l'intelligence
artificielle. Comme Ray Kurzweil, le "pape" du transhumanisme, qui vient
d'être nommé ingénieur en chef du moteur de recherche.
«Google maîtrise toutes les technologies qui sous-tendent le transhumanisme»
Quel est le lien entre l'idéologie "transhumaniste" et Google? Cette
idéologie est née dans les années 1950. Elle considère légitime
d'utiliser tous les moyens technologiques et scientifiques pour
augmenter les capacités de l'homme – son corps, son cerveau, son ADN –
et pour faire reculer la mort. À l'époque, c'était de la science-fiction
; aujourd'hui cela devient concret. Google soutient cette idéologie et
maîtrise toutes les technologies qui la sous-tendent : la robotique,
l'informatique, les moteurs de recherche et l'intelligence artificielle,
les nanobiotechnologies, le séquençage ADN dont le coût a été divisé
par 3 millions en dix ans…
Quel est le but de cette croissance tentaculaire? Une
société qui maîtrise l'intelligence artificielle – et Google est la
plus avancée sur ce terrain –peut potentiellement entrer dans n'importe
quel domaine. Elle le fait d'ailleurs : elle est même présente dans les
VTC qui concurrencent les taxis avec Uber, une filiale de Google
Ventures! En réalité, Google est beaucoup plus qu'une société
informatique. Les principaux acteurs de la robotique viennent de le
comprendre ; mais trop tard, Google a déjà racheté les meilleurs d'entre
eux à bon prix. Cette stratégie est bluffante… Google a été la première
à comprendre la puissance de la révolution des technologies NBIC, cette
convergence de quatre vagues (nanotechnologies, bio-ingénierie,
informatique et cognitique) qui va construire le XXIe siècle et donner
une puissance extraordinaire à la lutte contre la mort. Car ces
technologies NBIC constituent en réalité une seule et immense industrie,
qui contrôlera toutes les autres.
Aucun concurrent de taille pour ébranler ce géant? Si
les rumeurs assurant qu'Apple débauche les principaux spécialistes de
la santé électronique se vérifient, si le projet de montre iWatch
consiste bien en un instrument de mesure en continu des variables de
santé… alors Apple pourrait peut-être le concurrencer sur l'ensemble des
NBIC. Mais il en est encore très, très, très loin.
Qui contrôle Google aujourd'hui? Personne,
en dehors de ses actionnaires. Or il me semble indispensable d'encadrer
l'intelligence artificielle au niveau mondial, de poser des garde-fous.
Les États-Unis y réfléchissent sérieusement. L'Asie aussi. En Europe?
On est largué, on regarde le train passer… Google est une société
magnifique. Pourtant, si elle devient leader en matière de lutte contre
la mort, d'intelligence artificielle, de robotique, de domotique, de
voitures intelligentes, il faudra vraiment réfléchir à la démanteler!
Elle pourrait devenir plus puissante que les États.
Le tableau est effrayant… N'est-ce pas trop tard? Il
n'est jamais trop tard. Mais la croissance très rapide des technologies
NBIC rend possible ce qui relevait jadis de la science-fiction. La
bataille entre le microprocesseur et le neurone a commencé, et
l'intelligence artificielle arrive à grands pas. Selon la loi de Moore,
la puissance informatique double très rapidement. Le nombre d'opérations
réalisées par les plus gros ordinateurs est multiplié par 1.000 tous
les dix ans et donc par 1.000.000 en vingt ans. En 1950, un ordinateur
effectuait 1.000 opérations par seconde. Aujourd'hui, on atteint 33
millions de milliards d'opérations par seconde. Ce sera 1.000 milliards
de milliards en 2029! Autour de 2040 émergeront des machines dotées de
la capacité du cerveau humain. Et d'ici à la fin du siècle, elles nous
dépasseront en intelligence, ce qui poussera l'homme à vouloir
"s'augmenter" par tous les moyens. Imaginez si de tels robots, plus
forts que nous, ayant accès à l'intelligence artificielle et à
l'impression 3D, connectés et contrôlant Internet, existaient… Leur
pouvoir de manipulation serait quasi illimité. Quand "BigDog" aura un
fusil d'assaut M16 dans les mains, il vaudra mieux ne pas se promener en
forêt!
En 1984, avec Terminator, James Cameron
avait imaginé un monde apocalyptique contrôlé par des robots, et dans
lequel les quelques hommes qui étaient parvenus à échapper à la
destruction de l’humanité étaient obligés de se cacher pour survivre.
Le plus connu des facteurs de cette évolution est la « loi de Moore », qui stipule que la puissance de calcul
informatique double environ tous les deux ans, voire tous les 18 mois.
Cette croissance rapide et exponentielle permet au smartphone standard
d'aujourd'hui d’être de nombreuses fois plus rapide et plus intelligent
que la technologie qui menaçait l’humanité dans Terminator.
Même
s’il est peu probable que notre smartphone décide de déclencher une
guerre contre nous, il incarne un ensemble de technologies dont certains
développements pourraient remettre en cause la valeur économique du travail humain. C’est ce qu’affirment notamment les chercheurs du MIT Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee,
selon qui la combinaison de la robotique et des algorithmes
mathématiques complexes seront bientôt à même de révolutionner le marché
du travail.
L’informatique est déjà en train
de commencer à résoudre les problèmes les plus complexes qui se posent à
nous : ceux de notre quotidien. En 2004, les ordinateurs étaient encore
de piètres conducteurs, mais les évolutions dans ce domaine permettent à
la voiture autonome de Google de conduire en toute sécurité.
En
2008, les robots ne parvenaient pas à résoudre un problème appelé
« Slam » (simultaneous localisation and mapping), c'est-à-dire la
capacité à cartographier instantanément un espace inconnu avec ses
obstacles, en même temps qu’on le découvre. Mais des chercheurs ont
réussi à résoudre ce problème avec la console de jeu Kinect de
Microsoft.
Cela fait maintenant des
décennies que l’on a commencé à robotiser certains postes de travail
dans de nombreuses industries, mais la nouvelle vague de développement
technologique menace désormais des emplois qui semblaient jusque-là à
l'abri de l'automatisation. Des
chercheurs de l’université d’Oxford suggèrent que 47% des emplois-types
identifiés aux États-Unis sont menacés par la concurrence des robots,
et que cela ne se cantonne plus à des postes dont le contenu est
répétitif. Les robots sont de plus en plus capables de convertir des
tâches non routinières en problèmes bien définis auxquels ils peuvent
répondre, et la créativité et les compétences sociales seront donc de
plus en plus cruciales sur le marché du travail pour faire la
différence.
'Baxter', un nouveau
robot, est intelligent, relativement peu coûteux, il sait travailler
avec les humains et selon ses concepteurs, il est facile à programmer.
Même si Baxter ne donne pas tout à fait satisfaction, la loi de Moore
prédit que ses nouvelles versions (avec des processeurs 8 à 10 fois plus
rapides dans les 5 ans) compenseront ses défauts.
La
mécanisation a déjà touché l’agriculture, la construction à grande
échelle et l’industrie, et les secrétaires, les agents de voyages et les
employés de banque commencent à voir leurs compétences dévalorisées en
raison des progrès technologiques. Bientôt, des cohortes d’ouvriers
spécialisés et de travailleurs faiblement rémunérés connaîtront le même
sort.
Et l’accélération de la technologie
signifie qu’il n’est même pas certain que les futurs diplômés de demain
ne seront pas désavantagés par des automates sur le marché du travail.
« Un avenir plein de serviteurs robotisés pourrait être un bel avenir,
mais seulement si nous avons la capacité d’adapter nos institutions
assez rapidement », conclut le Financial Times.