* Expression utilisée pour désigner les médias.
Enfin, les médias sont dans le collimateur, les gens semblent se réveiller et prendre conscience qu’il faut aller chercher des infos plus fiables ailleurs qu’à la TV, à la radio et sur les quotidiens. Cela donne la part belle aux sites et blogs alternatifs sur Internet. Mais là aussi, le discernement est de mise.
Voici l’article traduit du site GlobalResearch, écrit par James Corbett.
Manipulation médiatique et tambours de guerre :comment les médias font galoper une nation vers une frénésie guerrière
Alors que les tensions augmentent dans le déjà très instable détroit d’Hormuz avec les gouvernements américain et iranien, et que la Chine et la Russie commencent à se poser des questions sur l’interférence de Washington dans leur politique intérieure, le monde demeure sur le fil du rasoir des tensions militaires. Loin d’être des observateurs détachés de ces développements, les médias ont en fait été au centre d’un accroissement de ces tensions et d’une préparation du public à l’attente d’une confrontation militaire. Mais comme les médias en ligne arrivent à supplanter les formules traditionnelles par lesquelles le public construit sa compréhension du monde, pas mal de gens commencent aujourd’hui à réaliser par eux-mêmes les mensonges des médias sur la guerre.
Quand les tambours de guerre commencent à résonner encore une fois en Iran, Syrie, mer de Chine et autres points chauds et poudrières potentiels autour du globe, des citoyens inquiets se demandent maintenant comment un monde si malade de ses carnages et une population si lasse des conflits pourraient être entraîné à nouveau dans ce pétrin.
Pour saisir cet apparent paradoxe, nous devons d’abord comprendre l’histoire séculaire sur les moyens dont usé les médias pour faire galoper une nation dans une frénésie guerrière, pour déshumaniser les supposés ennemis et même manipuler le public pour lui faire croire à la cause d’une guerre, guerre qui, des décennies plus tard, s’est avérée totalement factice.
Le terme »journalisme jaune » a été inventé pour décrire un genre de reportages sensationnaliste, tourné vers les scandales et souvent erroné, popularisé par des journaux comme le Journal new-yorkais de William Randolph Hearst. Comme l’un des plus flagrants exemples de ce phénomène, le journal de Hearst claironnait partout le naufrage de l’USS Maine (1898) comme étant le travail des espagnols. Bousculé vers une fureur anti-hispanique par un torrent quotidien d’histoires dépeignant des forces espagnoles supposées torturer et violer des cubaines, et poussés dans leurs retranchements par l’incident du Maine, le public poussa une ovation au début de la guerre hispano-américaine. Aujourd’hui bien qu’il soit largement avéré que l’explosion du Maine était due à un incendie dans l’une de ses soutes à charbon, les épouvantables reportages initiaux d’une implication espagnole avaient fait leur œuvre et la nation fut conduite vers la guerre.
A plusieurs niveaux, la phrase notoirement attribuée à Hearst en réponse à son illustrateur »Vous fournissez les images et je fournirai la guerre », phrase apocryphe comme peuvent l’être les histoires, décode quand même parfaitement la méthode pour conduire le public vers une période de guerre et ceci renouvelé au cours des décennies.
Les États-Unis ont basculé dans la 1ère guerre mondiale par le naufrage du Lusitania, un navire de ligne britannique transportant des passagers américains, qui fut torpillé par des sous-marins allemands au large de l’Irlande, tuant plus de 1000 passagers. Ce dont le public n’a pas été informé, bien sûr, c’est que juste une semaine avant l’accident, le premier Lord de l’amirauté Winston Churchill avait écrit au président de la Chambre de Commerce qu’il était »très important d’attirer des navires neutres vers nos plages, particulièrement dans l’espoir d’une embrouille entre les États-Unis et l’Allemagne. Aucun rapport ne fut fait en annonçant l’attaque que le bateau transportait des munitions et autres fournitures militaires. Les rapports accentuèrent au contraire encore une fois que l’attaque était une frappe au hasard par un ennemi maniaque, et le public fut conduit vers la guerre.
L’implication des US dans la seconde guerre mondiale fut pareillement le résultat d’une désinformation délibérée. Bien que l’Annonceur d’Honolulu (un journal local) avait déjà prédit l’attaque de Pearl Harbor des jours à l’avance, que les codes de la marine japonaise avaient déjà été décryptés à cette époque et même qu’Henry Stimson, le secrétaire d’état à la guerre, avait noté dans son journal intime la semaine précédente avoir discuté dans un meeting avec Roosevelt »comment nous devrions manœuvrer les japonais pour qu’ils tirent les premiers sans autoriser trop de danger pour nous-mêmes, » le public a toujours été amené à croire que l’attaque de Pearl Harbor avait été totalement imprévue. Le mois dernier, un mémo récemment déclassifié est sorti, montrant que Roosevelt avait été averti d’une attaque japonaise imminente sur Hawaï juste trois jours avant les événements, et pourtant les livres d’histoire dépeignent toujours Pearl Harbor comme un exemple d’attaque surprise.
En août 1964, on a dit au public que le Nord-Vietnam avait attaqué un destroyer US dans le golfe du Tonkin en deux occasions distinctes. Les attaques étaient montrées comme un bon exemple d’ « agression communiste » et une résolution fut bientôt passée au Congrès autorisant le président Johnson à commencer à déployer les forces US au Vietnam. En 2005, une étude interne de la NSA (National Security Agency) fut publiée concluant que la deuxième attaque n’a en fait jamais eu lieu. En effet, 60.000 militaires américains et au moins trois millions de vietnamiens, sans parler de 500.000 cambodgiens et laotiens y laissèrent leur vie à cause d’un incident qui n’arriva que dans l’imagination de l’administration Johnson et les pages des médias américains.
En 1991, le monde découvrit l’histoire émouvante de Nayirah, une jeune fille koweitienne qui témoigna des atrocités commises par les forces irakiennes au Koweït.
Ce qu’on n’a jamais dit au monde c’est que l’incident avait en fait été le travail d’une entreprise de relations publiques, Hill et Knowltown, et que la jeune fille était en réalité la fille de l’ambassadeur du Koweït. A nouveau, le public fut précipité dans une frénésie de haine envers le régime d’Hussein, non pour les atrocités documentées vraiment commises sur des éléments de sa propre population avec des armes fournies par les États-Unis eux-mêmes, mais sur la base d’une histoire imaginaire racontée au public via sa télé et orchestrée par une société de relations publiques.
A l’approche de la guerre en Irak, les médias américains prirent notoirement l’initiative d’encadrer le débat sur les armes de destruction massive du gouvernement irakien NON pour se demander s’ils avaient même existé, mais pour savoir où elles avaient été cachées et ce qu’il fallait faire pour les désarmer. Le New York Times ouvrit le bal avec le reportage tristement célèbre de Judith Miller sur l’histoire des armes de destruction massive des irakiens, reconnu aujourd’hui avoir été basé sur de fausses informations provenant de sources non crédibles, mais le reste des médias suivit avec les infos de nuit de NBC demandant »quelles menaces précises l’Irak et ses armes de destruction massive posent à l’Amérique », et le Time qui débattait sur »si Hussein faisait un effort de bonne foi pour désarmer les armes de destruction massive irakiennes. » Des rapports sur des planques d’armes chimiques étaient diffusés avant d’être confirmés, bien que les gros titres soutenaient hardiment leur existence comme un fait indiscutable. Nous savons aujourd’hui qu’en fait ces réserves n’existaient pas, et que l’administration a menti au pays de manière préméditée pour une autre nouvelle guerre, mais la plus forte opposition que reçut l’administration Bush sur ce crime documenté de guerre fut quelque correction polie lors d’une émission politique du dimanche.
Il est remarquable que le public en général n’ait manifestement rien appris de toutes ces manipulations historiques. Les médias sont devenus en fait encore plus téméraires dans leur tentative de manipuler les perceptions du public, enhardis peut-être par le fait que si peu d’audience semble vouloir remettre en question l’image qui lui est présentée aux nouvelles du soir.
En 2009, la BBC montra une image rognée d’une manifestation en Iran qu’elle déclarait être une foule de manifestants se rassemblant pour montrer leur opposition au gouvernement iranien. Une version non rognée de la même photo fut cependant affichée sur le site du LA Times, qui révélait que la photo provenait en fait d’une manif en soutien à Ahmedinejad.
En août 2011, la BBC diffusa un court-métrage de ce qu’ils déclaraient une célébration dans le Green Square de Tripoli. Quand des spectateurs à l’oeil perçant remarquèrent que les drapeaux du reportage étaient en fait des drapeaux indiens, la BBC fut forcée d’admettre qu’ils avaient enregistré »accidentellement » un reportage d’Inde au lieu de Tripoli.
Ce mois-là également, CNN rapporta une histoire de l’Observatoire syrien pour les Droits Humains déclarant que 8 nouveaux-nés dans des incubateurs étaient morts dans un hôpital du Hama quand les autorités syriennes avaient coupé le courant dans cette zone. Quelques sites d’infos publièrent même les photos des nouveaux-nés. Il fut admis plus tard que les photos avaient été prises en Égypte et qu’aucune preuve n’était sortie pour corroborer les accusations.
Aussi stupéfiants que soient tous ces mensonges, manipulations et soi-disant »erreurs », cela ne représente pas les seules fonctions des médias pour la machine de guerre. Maintenant le gouvernement US prend l’initiative de s’impliquer de plus en plus dans le façonnage de messages médiatiques pour une propagande de guerre et le public est encore plus piégé par les fausses images du monde au travers de la propre lentille du Pentagone.
En 2005, du temps de Bush la Maison Blanche a admis produire des vidéos prévues pour ressembler à des reportages d’infos venant de journalistes indépendants légitimes et en abreuver les médias comme du matériel préemballé prêt à être diffusé aux infos du soir. Quand l’équivalent de la Cour des Comptes du gouvernement jugea que ces faux reportages d’infos constituaient en fait une propagande cachée illégale, la Maison Blanche fit paraître simplement un mémo déclarant la pratique comme légale.
En avril 2008, le New York Times révéla un programme secret du département américain de la défense lancé en 2002 qui impliquait l’utilisation d’officiers militaires à la retraite pour implanter des sujets de discussion persuasifs dans les médias. Les officiers étaient présentés comme des »analystes indépendants » dans des émissions-débats et des programmes d’informations, bien qu’ils avaient été »briefés » exprès à l’avance par le Pentagone. En décembre 2011, le propre inspecteur général du département de la défense a publié un rapport concluant que le programme était en parfaite conformité avec les politiques et les règlements du gouvernement.
Plus tôt en 2011, il a été révélé que le gouvernement US avait passé un contrat avec HBGary Federal pour développer un logiciel qui crée des compte-rendus médiatiques sociaux falsifiés pour orienter l’opinion publique et promouvoir une propagande sur des sites populaires. (un des buts de HBGary est d’infiltrer des sites, comme celui d’Anonymous, Facebook, Twitter, NdT)
En tant que véhicule grâce auquel l’information du monde extérieur est capturée, arrangée, éditée et transmise dans nos foyers, les médias de masse ont l’immense responsabilité de modeler et d’influencer notre compréhension des événements auxquels nous n’avons aucun accès de première main. C’est une redoutable responsabilité même dans les conditions les plus idéales, avec des journalistes diligents guidés par des éditeurs dignes de confiance faisant de leur mieux pour rapporter les nouvelles les plus importantes de la manière la plus franche.
Mais dans un paysage médiatique où une poignée de sociétés possèdent virtuellement tous les médias d’impression, de radio et télévision dans chaque pays, le seul recours que possède le public est de se détourner de tous les médias de masse. Et c’est précisément ce qui arrive.
Comme rapport après rapport et études après études l’ont montré, la mort des anciens médias s’est accélérée ces dernières années, avec de plus en plus de gens abandonnant les journaux et maintenant même la télévision comme principale source d’infos. Le public se tourne à la place vers des sources Internet pour cela, quelque chose de nécessairement ennuyeux pour la machine de guerre elle-même, un système qui ne peut réellement s’épanouir que quand le bras de la propagande est détenu sous contrôle monopolistique.
Mais avec les citoyens qui se détournent du New York Times pour des sites indépendants, de nombreux parmi eux gérés et entretenus par des journalistes citoyens et des éditeurs amateurs, le système qui a renforcé son contrôle sur l’esprit du public pendant des générations semble finalement montrer des signes qu’il n’est sûrement pas invincible.
Cela ne veut sûrement pas dire que les médias online soient imperméables aux défauts qui ont rendu les médias traditionnels si peu fiables. C’est tout à fait le contraire. Mais la différence est que le online donne toujours pour l’instant une relative liberté de choix au niveau individuel. Tant que la liberté internet existe, les lecteurs et visiteurs privés ne doivent pas prendre pour parole d’évangile un site web ou un expert ou commentateur sur quelque question que ce soit. Ils peuvent contrôler la source d’informations eux-mêmes, sauf, peut-être pas par hasard, sur les sites du bastion des médias traditionnels qui ont tendance à ne pas donner de lien des sources du matériel et de la documentation dans ses articles.
Avec la loi SOPA (http://fr.wikipedia.org/wiki/Stop_Online_Piracy_Act), la loi Protect IP (The PROTECT IP Act (Preventing Real Online Threats to Economic Creativity and Theft of Intellectual Property Act of 2011) le gouvernement US tente de prendre le contrôle des sites au niveau des noms de domaines et surtout faire des attaques concertées sur la liberté d’internet comme on l’a vu ces dernières années.
Parce que finalement, un public informé et engagé est beaucoup moins disposé à poursuivre des guerres menées pour le pouvoir et le profit. Et comme le public devient mieux informé sur des questions où les médias ont essayé de leur mentir pendant si longtemps, il réalise que la réponse face à tous ces médias dominants promoteurs de guerre et manipulateurs éhontés est peut-être plus simple que ce qu’on pensait : tout ce qu’il reste à faire est de les débrancher.
Traduit par Hélios du Bistro Bar Blog
Trouvé sur l’Eveil 2012
Voilà encore comment cela fonctionne, regardez bien ce qui se passe autour de vous, cherchez à comprendre par vous-mêmes.
EtincelleSOURCE
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